Petits «BrHUY» de couloirs

L.B.

Donner la parole aux enfants est essentiel dans le cadre de Rencontres de théâtre comme celles qui se déroulent actuellement à Huy. Ceux-ci la prennent d'ailleurs volontiers, à la sortie des spectacles: «C'était génial», «J'aimais pas trop», «J'adorais toutes les bouteilles», «C'était long» déclarent-ils quand les plus petits ne lâchent pas, en pleine représentation, un «J'ai soif» tonitruant. Cela, au moment où Elefantino, de retour dans la Savane natale apprend qu'il faut toujours économiser l'eau. Affiché aux valves grâce à La Ligue des familles, leur avis l'est aussi dans «Le p'tit BrHUY», le journal des enfants du stage de photo-reportage dans lequel la critique est parfois aisée !

A leur façon, les compagnies s'expriment aussi en distribuant à l'entrée de chaque spectacle, les questions du jour :«Pourquoi la sélection nous pousse-t-elle vers «L'axe du bien» pédagogique ?»; «Pourquoi sélectionner à la place des organisateurs ?»; «Pourquoi faut-il créer avant le mois de mai et ne pouvoir jouer qu'à partir du mois de janvier suivant ?; «Pourquoi ne trouve-t-on pas 100.000 euros pour augmenter le budget Théâtre à l'école ?»... Autant de questions qui interpellent la Communauté française et qui remettent en cause le système dont dépendent les compagnies de théâtre jeune public. Un vent de révolte soufflerait-il, comme souvent, lors des Rencontres ? On peut le penser. D'une part, et en schématisant, les artistes vivent mal le fait de devoir passer une sélection, véritable examen, devant la Commission de théâtre à l'école; de l'autre, la Communauté française gère son budget et veut protéger les enfants, public captif, de propos racistes, par exemple. C'est un peu la quadrature du cercle et les solutions idéales restent difficiles à trouver.

Chaque année, le Service de la Diffusion qui participe financièrement à la tournée des créations via «Spectacles à l'école» et les «Tournées Art et Vie» profite aussi de l'événement que sont les Rencontres pour donner son bilan de l'année précédente. Ainsi, en 2002, 1424 représentations, ont été données en séances scolaires et tout public, soit 250.000 enfants touchés ou un tiers seulement de la population scolaire, ce qui représente un budget de 609460, 3 euros contre 1562 représentations en 2001. On enregistre donc une diminution de 3,5 pc, en 2002.

Les chiffres donnés par Roland Van der Hoeven, du Service de la diffusion des arts de la scène permettent aussi de mettre certaines tendances en exergue comme, en tout public, la prééminence constante des genres musicaux avec 1323 représentations en 2002. Le théâtre arrive en deuxième position avec 1005 représentations et est suivi par la danse, les spectacles pluriels et la poésie et littérature.

Le secteur du conte adulte connaît lui aussi un réel essor passant de 17 sorties en 2001 à 88 en 2002.

© La Libre Belgique 2003


Notre dossier complet Théâtre à l'école paraîtra dans la Libre culture du 17 septembre.