Création ou manipulation?

Aux Etats-Unis, la presse semble bien crier au génie: Neil LaBute (auteur dramatique, scénariste, metteur en scène et cinéaste qu'on a découvert sur nos écrans avec «In the company of men») y est perçu comme «le premier dramaturge, depuis David Mamet et Sam Sheppard - avec Edward Albee -, qui parvient à mêler sympathie et férocité, pathos et pouvoir».

S.C.

Aux Etats-Unis, la presse semble bien crier au génie: Neil LaBute (auteur dramatique, scénariste, metteur en scène et cinéaste qu'on a découvert sur nos écrans avec «In the company of men») y est perçu comme «le premier dramaturge, depuis David Mamet et Sam Sheppard - avec Edward Albee -, qui parvient à mêler sympathie et férocité, pathos et pouvoir».Il n'est donc pas étonnant de le découvrir au Rideau de Bruxelles, qui joue l'auteur ici pour la première fois. «La Forme des choses» - en création française, dans la traduction de John Thomas - ponctuera ainsi sa saison.Il y est précisément question des apparences et de la fascination que ces dernières suscitent, cette forme des choses qui captive... En l'occurrence, voici un gardien de musée envoûté par l'audace d'une jeune femme artiste contemporain. Celle-ci décide en effet de s'emparer d'un pinceau pour «remodeler» une statue grecque antique dudit musée. Jusqu'où conduira la fascination du jeune homme? «Par amour, peut-on accepter de changer absolument tout dans sa vie? dans son corps? dans sa tête?»

C'est ce que nous joueront Yannick Renier et Valérie Marchant - qu'on imagine assez bien en fait, tous deux, dans ce registre - entourés de Micheline Goethals et Bruno Mullenaerts, sous la direction d'Adrian Brine. Côté mise en forme, justement, Marcos Vials Bassols, qui signe la scénographe, a collaboré avec Vincent Cartuyvels, historien d'art.

«J'essaie juste de raconter la meilleure histoire possible et d'être fidèle à mes personnages plutôt que de me soucier de savoir si le public aime cela ou m'apprécie», déclare Neil LaBute.

© La Libre Belgique 2004


Théâtre du Rideau de Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, jusqu'au 19 mai. Tél. 02.507.83.61.