La rédemption par la vengeance de Monte-Cristo

Familier de l'oeuvre de Dumas père («Les Trois Mousquetaires»), Daniel Scahaise signe l'adaptation (avec Jean-François Viot) et la mise en scène du «Comte de Monte-Cristo», projet qui lui tenait fort à coeur.

Philip Tirard

Familier de l'oeuvre de Dumas père («Les Trois Mousquetaires»), Daniel Scahaise signe l'adaptation (avec Jean-François Viot) et la mise en scène du «Comte de Monte-Cristo», projet qui lui tenait fort à coeur. Il en résulte un spectacle de trois heures, tiré directement des 1500 pages du roman. La première partie du spectacle semble longue et ardue: la mise en place des nombreux personnages - pas moins de vingt-cinq acteurs se succèdent sur le plateau! - se fait à la faveur de conversations qui racontent le passé sans le montrer. Pas de flash-back, mais une remémoration complexe qui tisse les relations entre les divers protagonistes. Nombre d'entre eux restent forcément à l'état d'esquisse, et parfois même de caricature.On ne dira pas cela, toutefois, du Comte campé par l'infatigable - il est presque tout le temps en scène - Robert Guilmard, superbe et ténébreux, aux terribles inflexions caverneuses. Il touche moins, en revanche, quand il redevient Edmond Dantès, le jeune capitaine trahi par ses proches et injustement enfermé au secret dans la forteresse du château d'If pendant quatorze ans. Ses retrouvailles avec Mercédès (Hélène Theunissen), la fiancée volée, ne semblent guère l'émouvoir. Il est vrai que son unique mobile est de châtier ses anciens ennemis. Ils sont devenus procureur (Bernard Marbaix - Villefort), banquier (Philippe Vincent - Danglars), pair de France (Jean- Henri Compère - Morcerf), ce dernier ayant épousé Mercédès. Seul Caderousse (Nicolas Ossowski) n'a pas réussi dans la profession de brigand. Tel un démiurge démoniaque, Monte- Cristo tire les ficelles de ces notables corrompus pour les précipiter dans la mort et la folie.La beauté de la scénographie de Jean-Marie Fiévez - tout entière dans les noirs et les rouges, ponctuée de drapés somptueux, de toiles peintes tourmentées à la Caspar Friedrich, de colonnades monumentales et funèbres - ne sauve pas le spectacle du statisme et de la grandiloquence. La sincérité indéniable du propos est sévèrement desservie par une adaptation trop littéraire au romantisme échevelé et suranné. Reste une belle scène finale où Monte-Cristo laisse la vie sauve au banquier Danglars, comme s'il avait soudain perçu la vanité morbide d'une vengeance par laquelle il entendait se substituer à la justice des hommes et du Ciel.





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