Vu&approuvé

nos choix étoilés

L'Aiglon ***

Flamboyante réalisation à l'ancienne d'Yves Larec pour la seconde grande pièce d'Edmond Rostand, absente de nos scènes depuis un demi-siècle. Julien Vargas endosse le rôle titre avec grâce, solidement entouré par Jean-Claude Frison en Metternich, Nicole Colchat en mère écervelée, Jean-Paul Dermont en empereur bonasse et despotique, etc. Trente comédiens évoluent comme à la Cour de Vienne en 1830 dans les costumes et décors somptuaires de Thierry Bosquet. (Ph.T.)

Bruxelles, Théâtre royal du Parc, jusqu'au 26 octobre. Tél. 02.505.30.30.

Anticlimax ***

Pour sa première mise en scène, Selma Alaoui, férocement inspirée, plonge dans la pièce testamentaire de l'Autrichien Werner Schwab, un brûlot scato-divin, un huis clos familial porté par cinq comédiens explosifs lancés en toute rage : Denis Laujol, Florence Minder, Baptiste Sornin, Yoann Blanc et Emilie Maquest - cette dernière "meilleur espoir féminin" des Prix de la critique, qui ont, par ailleurs, récompensé ce spectacle parmi les trois proposés par le Festival des Premières Fois, aux Tanneurs, dans la catégorie "meilleure découverte". (N.A.)

Liège, le Moderne, jusqu'au 25 octobre (festival Emulation). Tél. 04.342.00.00.

Le Barbier de Séville ***

Si l'argument de Beaumarchais est mince, il n'est que prétexte à Jacques Delcuvellerie pour réaliser un feu d'artifice d'inventions scéniques et théâtrales. On passe une soirée jouissive (les 3h30 du spectacle, entracte inclus, ne se sentent pas), avec, en prime, et grâce au jeu époustouflant des acteurs, la redécouverte d'un bien beau texte. (G.Dt)

Bruxelles, Théâtre national (grande salle), jusqu'au 25 octobre. Tél. 02.203.53.03.

Le Complexe de Thénardier ***

Moins évidemment technologique que d'autres créations de Denis Marleau, un spectacle qui traduit - par l'atmosphère et le jeu de la Belge Muriel Legrand et la Québécoise Christiane Pasquier - l'ambivalence de l'humain quand gronde la guerre, en même temps que la grande force du texte de l'auteur franco-béninois José Pliya. (M.Ba.)

Bruxelles, Varia, jusqu'au 25 octobre. Tél. 02.640.82.58.

Dialogue d'un chien avec son maître sur la nécessité de mordre ses amis ***

De Jean-Marie Piemme et mis en scène par Philippe Sireuil, un dialogue savoureux entre un SDF et un chien errant, qui mettent à nu l'hypocrisie de la société. Le meilleur de la pièce est dans la tendresse progressive qui naît entre ce pitbull humain et ce filou de clebs. Il fallait un beau duo de "clowns" pour incarner cette fable. Philippe Jeusette et Fabrice Schillaci sont parfaits dans ces rôles. (G.Dt)

En tournée : à Tournai les 22 et 24 octobre (069.25.30.80), puis à Verviers, Eghezée, Huy, Tubize, Dinant, Arlon...

Les Femmes ont de la chance

L'acteur et metteur en scène Christophe Sermet a eu l'idée de réunir trois courtes pièces, deux de Tchekhov et une de Feydeau, tournant autour du mariage et de l'amour. Avec ses complices François Sikivie et Vanessa Compagnucci, il fait mouche dans un comique de situation à la fois complice et stylisé. Au bilan, le Russe paraît boulevardier et le maître du vaudeville, plus moderne. Regrets : une certaine faiblesse dans l'interprétation des chansons et des costumes qui encombrent un peu l'affaire. (Ph.T.)

Bruxelles, Théâtre le Public (petite salle), jusqu'au 22 novembre. Tél. 0800.944.44.

Garde à vue ***

Le metteur en scène Olivier Massart entretient un suspense imparable et haletant dans le thriller psychologique immortalisé à l'écran par Claude Miller. Les deux protagonistes principaux s'affrontent sous les traits de Michel Kacenlenbogen et Patrick Descamps, brillamment soutenus par Nicolas Ossowski et Laurence D'Amélio. En filigrane, la pièce dénonce aussi la claustration de la vie de province et les dangers du non-dit dans le couple. (Ph.T.)

Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, du 26 au 29 octobre. Tél. 0800.944.44.

Hamlet(s) ***

Dans une adaptation nouvelle de William Cliff et une mise en scène de Frédéric Dussenne, ce spectacle d'une heure et quart, à la fois elliptique et incarné, nous fait traverser les émotions et les thèmes principaux de la célèbre pièce de Shakespeare. Une vertigineuse plongée dans la conscience de soi où sept acteurs (Julien Roy, Bernard Sens, Benoît Van Dorslaer, etc.) s'échangent sans cesse le rôle titre et les divers protagonistes. (Ph.T.)

Bruxelles, Rideau (Auditorium Paul Willems, au Palais des Beaux-Arts), jusqu'au 25 octobre. Tél. 02.507.83.61.

Haendel ou le Choix d'Hercule

D'un charme un peu suranné, les alexandrins réguliers et pleins d'esprit d'Hippolyte Wouters détaillent le dilemme du compositeur Haendel (Léonil McCormick) à Londres au début du XVIIIe siècle : travailler pour la cour ou garder son indépendance artistique. Avec, aussi, Bambina Liberatore en diva pétulante, Jean-Paul Andret en Lord compassé et Gérard Duquet en "butler" raide et ironique, dans une mise en scène en costumes d'époque de Christian Ferauge. (Ph.T.)

Ittre, Théâtre de la Valette, jusqu'au 16 novembre. Tél. 067.64.81.11.

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