Emulation créatrice à Liège

Pour la troisième édition du Festival Emulation à Liège, sept spectacles sont à l'affiche. Sept créations ou reprises de jeunes compagnies qui investissent des lieux théâtraux (ou pas) de la Cité ardente, hors les murs du Théâtre de la Place.

Camille Perotti
Emulation créatrice à Liège
©D.R.

Pour la troisième édition du Festival Emulation à Liège, sept spectacles sont à l'affiche. Sept créations ou reprises de jeunes compagnies qui investissent des lieux théâtraux (ou pas) de la Cité ardente, hors les murs du Théâtre de la Place. "Le Festival Emulation ricoche dans un foisonnement d'univers intensément personnels, reposant sur une écriture dramatique ou non, mais toujours habitée par la préoccupation de se confronter à des thématiques profondes, sensibles et actuelles, note Véronique Stas, assistante à la direction du Théâtre de la Place. Ce festival laisse la part belle à la spontanéité des équipes face au lourd climat qui sévit et met à l'honneur l'utilisation de l'art théâtral comme outil de réflexion face à un monde en proie à l'insécurité ." Un festival créatif ancré dans la modernité où l'actualité, souvent sombre, résonne.

Après les soirées théâtrales, le spectacle continue à l'Espace Tivoli, sous le chapiteau de la compagnie Arsenic avec des expositions d'art contemporain, des concerts... Un lieu où se déroulera également la soirée de clôture du Festival, samedi 25 octobre, avec la remise du prix Emulation par un jury de professionnels et du "Coup de cœur", par un jury de jeunes issus de différentes écoles, présents pour l'occasion.

Sept spectacles

Dans sept lieux liégeois, de jeunes artistes invitent le public à une immersion dans des univers étranges exploitant à chaque fois le lieu par des mises en scène originales. On peut découvrir "Causerie sur le lemming" de François-Michel Van der Rest et Elisabeth Ancion, une "exploration insolite du grand Nord en salle obscure"; "Ma famille" de Carlos Liscano mis en scène par Denis M'Punga, qui nous entraîne dans une drôle de fable où l'on vend les enfants et les vieillards; "Montedidio, la montagne de Dieu" d'Erri de Luca, mis en scène par Grazia Di Vincenzo, une immersion dans la vie de Luca, en Italie. "Skull Parts" d'Edith Bertholet se déroule à l'Institut d'anatomie de l'ULG, lieu tout désigné pour "interroger l'obsession de la chair et l'art ancestral de la dissection". Enfin les reprises "Les 24 h de Tina Pools à la recherche de son bonheur" de Marie Henry, mis en scène par Mélanie Zucconi, et "Anticlimax" de Werner Schwab mis en scène par Selma Alaoui, sont également de la partie. (Voir "La Libre Culture", "Vus et approuvés".)

Bizarre bizarre

Le septième spectacle "Cage" nous entraîne dans un monde poétique et effrayant. Créé par Laurent Steppé, de l'ASBL "De figure et d'objets" en collaboration avec le collectif Detruitu, le spectacle, sans paroles mais pas sans sons, évoque l'enfermement, le recommencement, le sentiment angoissant d'étouffer. Théâtre d'objets, "Cage" suscite l'imagination avec des images curieuses, presque sordides, pluie de mains, têtes rieuses agressives, oiseau morbide, œil scrutateur et des cages, éléments récurrents. L'univers sonore très recherché, est particulièrement réussi. Le résultat final tient plutôt de l'expérimentation, du laboratoire d'images et d'idées car l'on s'interroge sur le sens de ce monde glaçant. Pourtant, c'est l'objectif du jeune collectif qui questionne notre monde en posant un regard décalé, lugubre mais intéressant et poétique. "Cage" est le cinquième spectacle de marionnettes de la compagnie Detruitu. A suivre.

Festival Emulation, jusqu'au 25 octobre à Liège, divers lieux. Prix : de 7 à 9 €, pass (7 spectacles) de 35 à 45 €. Infos&rés. : 04.342.00.00, Web www.theatredelaplace