Portraits de voisins bruxellois déchaînés

Dans un immeuble du quartier européen de Bruxelles d’où l’on aperçoit les bâtiments des Communautés, les locataires vivent ou survivent, entre les bêtises des enfants qui font des incursions sur le toit et les problèmes de plomberie. Au rez-de-chaussée, il y a l’épicière qui ne manque pas de caractère, et son fils, Lulu, intrépide gamin de 11 ans.

Camille Perotti

Dans un immeuble du quartier européen de Bruxelles d’où l’on aperçoit les bâtiments des Communautés, les locataires vivent ou survivent, entre les bêtises des enfants qui font des incursions sur le toit et les problèmes de plomberie. Au rez-de-chaussée, il y a l’épicière qui ne manque pas de caractère, et son fils, Lulu, intrépide gamin de 11 ans. Au premier étage, un couple de personnes âgées, diablement comiques et attendrissants, au second, de nouveaux locataires, une Allemande et un Français, Fabrice de Petanges, particulièrement juste, maniéré et si fier de connaître les stations de métro en néerlandais. Enfin, dans le grenier mansardé, un pauvre artiste manqué désargenté et sa fille borgne, Jade, amoureuse de son voisin Lulu. Sans oublier le propriétaire, amusé des petites querelles de palier.

Un immeuble ordinaire. Jusqu’au jour où le vieux propriétaire, apprenant que sa fin est proche, décide de léguer l’immeuble "au meilleur locataire", bouleversant les relations entre les voisins. Complots, alliances et tensions brisent la tranquillité du quotidien, dévoilant la vraie nature de chacun.

La performance scénique de Thierry De Coster et Odile Mathieu, qui incarnent les neuf personnages, tient non seulement à leur capacité à passer d’un rôle à l’autre sans transition mais aussi à la qualité de l’interprétation. Les portraits imaginés par les deux auteurs-acteurs sont sensibles et fins, et le jeu légèrement caricatural fait ressortir ce sentiment de reconnaître les locataires comme s’ils étaient nos voisins.

Les répliques s’enchaînent à un rythme fou dans une scénographie sobre et ingénieuse constituée de cartons. La mise en scène, signée Vincent Raoult, met en valeur l’écriture judicieuse (plus intéressante encore que le précédent spectacle "Sincères complaisances" de la même équipe) tout en permettant des moments de folie, trouvailles artistiques forgeant une identité au duo comique ; arrêt sur images, apartés, mimes A quand un troisième spectacle ?


Bruxelles, Théâtre des Riches-Claires, jusqu’au 8 novembre. Durée: environ 1h30, de 7,50 € à 14 €. Tél: 02.548.25.80 Web www.lesrichesclaires.be