Vittorio, amoureux de la vie

Né en 1977 à Arezzo, Vittorio Grigolo chante comme soliste à la Chapelle Sixtine, à Rome, et connaît ses débuts lyriques en 1996 - il a 19 ans. Treize ans plus tard, avec une formidable accélération ces dernières saisons, le jeune ténor a chanté la plupart des grands rôles de sa tessiture aux quatre coins du monde, notamment à la Scala de Milan qui lui a fait confiance dès la première heure.

Martine Dumont-Mergeay

Né en 1977 à Arezzo, Vittorio Grigolo chante comme soliste à la Chapelle Sixtine, à Rome, et connaît ses débuts lyriques en 1996 - il a 19 ans. Treize ans plus tard, avec une formidable accélération ces dernières saisons, le jeune ténor a chanté la plupart des grands rôles de sa tessiture aux quatre coins du monde, notamment à la Scala de Milan qui lui a fait confiance dès la première heure. La France l’a découvert grâce à Raymond Duffaut, directeur général des Chorégies d’Orange, qui lui offrit de chanter la partie ténor du Requiem de Verdi, l’an dernier. On connaît la suite. A l’issue de la soirée du 11 juillet, nous avons rencontré le héros tentant de se frayer un chemin à travers une nuée d’admirateur(trice)s, comme à la sortie d’un concert pop (mais Vittorio ne défend-il pas le Pop Opéra ? Allez voir sur You Tube ), il a consenti à répondre à trois questions, en différé, par écrit et en français !

Vous avez déjà chanté le rôle d'Alfredo dans des lieux vastes (la gare de Zurich, par exemple) et prestigieux, quelle est votre impression au Théâtre d'Orange ?

Le public dégage une énergie énorme et 9 000 personnes à la fois, c’est un moteur incroyable. Le théâtre antique est lui même une force de la nature... Il a accueilli beaucoup de grands artistes, cela en fait un lieu magique. Y chanter est une expérience extraordinaire, on y éprouve des vibrations particulières (voir tous ces gens qui entrent, avec leur petit coussin et leur petite chaise...). La lumière rend le lieu encore plus mystique, tout se fond dans une immense histoire !

Que vous inspire Patrizia Ciofi, sur le plan humain, musical et vocal ?

Patrizia est une très grande artiste... Avec elle, je me sens à l’aise et je suis sûr de trouver, à chaque fois, de nouvelles sensations, d’être aussi inspiré que la première fois - et ce n’est pas facile de trouver une partenaire avec laquelle tu sens que tu es vrai. Parce que la plus belle chose de l’opéra est de lui donner son caractère de vérité, d’être sur la scène comme dans la vie, mais, au lieu d’être Vittorio, tu joues le rôle d’Alfredo. Patrizia et moi serons encore ensemble à Venise, et encore pour une "Traviata"... Espérons que notre amour continuera !

Vous pratiquez avec bonheur le mélange des genres, que peut apporter votre formation classique à la chanson et réciproquement ?

Je sais que l’opéra a besoin de pub et d’un public plus jeune. C’est pour cela que j’ai offert mon talent au genre pop autant qu’au genre opéra... Je pense qu’il faut pêcher ailleurs si le poisson manque dans notre mer. Je ne regrette rien, parce que ce que je fais, je le fais avec tout mon cœur et toute mon énergie. Je chercherai à toujours mieux me connaître et à rester connecté avec le monde. De plus en plus, le public nous demande de communiquer avec lui, non seulement avec une belle voix ou une belle chanson, mais avec un sourire. J’aime la vie et je crois que le paradis est là, tout proche.