Pour tout Laure du monde

Un nez en trompette, des yeux malicieux, un sourire franc et généreux, Laure Godisiabois a un visage expressif dont elle joue à merveille sur scène.

Camille Perotti
Pour tout Laure du monde
©Alexis Haulot

Un nez en trompette, des yeux malicieux, un sourire franc et généreux, Laure Godisiabois a un visage expressif dont elle joue à merveille sur scène. La jeune comédienne nominée cette année aux prix de la critique dans la catégorie "meilleur espoir féminin" pour ses rôles dans "Désiré" et "Musée haut/Musée bas" fait montre d’un talent comique remarquable. Depuis 2003, elle enchaîne les projets les plus variés, des "Précieuses ridicules" au Théâtre du Parc à "Fondue Savoyarde" à l’Atelier 210 en passant par "Pièce montée" de Pierre Palmade mise en scène par Daniel Hanssens, le monologue où, interprétant une hôtesse attendant ses invités, elle a fait rire des centaines de spectateurs au Théâtre Mercelis.

Si pour chaque projet, elle s’y est investie totalement et s’est enrichie des multiples expériences, elle garde un souvenir ému des "Précieuses ridicules" au Parc, car "c’était la première fois que j’avais un rôle important et j’ai adoré jouer avec Jean-Claude Frison et Christel Pedrinelli". Quant à "Pièce montée", son premier monologue l’a beaucoup faite progresser. "J’ai appris sur moi, sur ma manière de gérer le stress, l’énergie, le rythme - et chez Palmade, il y a de nombreuses ruptures ! Comme je devais parler avec les spectateurs et leur donner l’impression qu’ils étaient dans mon salon, il faut trouver le ton, les silences, les regards Au début, les lectures étaient difficiles, il ne fallait pas faire de copier-coller avec la version Jacqueline Maillan, je devais trouver ma touche tout en me rendant quand même plus âgée, plus mature." Sujette au trac, évaporé dès la première phrase, Laure Godisiabois, tout en ayant conscience que le spectacle reposait sur elle seule - "dans une équipe on se soutient l’un l’autre, le monologue, c’est le saut à l’élastique" -, interprète avec subtilité et délicatesse ce rôle comique, un genre qu’elle adore. "Je ne cherche pas à faire rire particulièrement, j’essaie juste de dire le texte avec le plus de sincérité possible. C’est la situation qui est drôle, ce n’est pas moi qui dois déclencher cela."

Amatrice du second degré et du pince-sans-rire, elle apprécie Ionesco, Feydeau, Palmade quant à écrire elle-même : "Non ! Pour écrire du théâtre il faut d’abord savoir raconter quelque chose, le sens du dialogue se travaille, c’est très fin et compliqué."

Petite, sa mère professeur de solfège et son père, dessinateur, l’encouragent à faire du théâtre (puisqu’elle a renoncé très vite à devenir pianiste de renommée internationale ). Se débarrassant toujours le plus vite possible de ses devoirs scolaires, Laure fréquenta l’Académie puis entra au Conservatoire de Bruxelles dans la classe de Michel de Warzée où elle reçut l’enseignement de Patricia Houyoux, Yves Claessens et Daniel Hanssens. Un prix de déclamation et un d’art dramatique en poche, elle débute aux Galeries en 2003 avec "L’amuse-gueule" écrit et mis en scène par Martine Willequet puis "Roméo et Juliette" au Karreveld.

"A chaque fois, c’est une nouvelle expérience, angoissante mais très gaie. Je suis super contente de ce que je fais, j’adore ce métier, changer de costume, jouer des personnages, raconter des histoires " Une autre passion ? Gourmette et gourmande, Laure Godisiabois, simple et affable, aime confectionner gâteaux et pâtisseries mais aussi "créer des miniatures, des maquettes. C’est mon petit côté François Pignon sans les allumettes ! Je reproduis des scènes de la vie quotidienne comme des petites maisons de poupée, un café, une épicerie "

Si Stéphane Custers, l’auteur de "Fondue savoyarde", la décrit comme un savant mélange d’"Arletty, Minnie et Tata Yoyo", Laure Godisiabois avoue préférer Arletty des trois références ainsi que Simone Signoret, Muriel Robin, Jacqueline Maillan, et Yolande Moreau. Un éclectisme qui se ressent aussi dans son parcours professionnel : du Parc à l’Atelier 210 en passant par la Comédie Claude Volter, elle ne se cantonne pas à un milieu ou une famille théâtrale. "Je travaille avec tous les théâtres. Je suis heureuse que l’on pense à moi, je me lance, sans m’interroger sur le fait que cela me corresponde ou pas parce que c’est très chouette de faire des choses différentes, j’aime varier. Et c’est un des avantages de ce métier, on ne sait jamais à quoi s’attendre !".

On pourra la voir dans "Vie de chantier" de Dany Boon, mis en scène par Daniel Hanssens, dès le 23 juillet où elle interprète le rôle de la fille qui se retrouve victime, avec sa mère, de la surprise du père : l’achat d’un hôtel particulier délabré. Puis elle sera de la partie pour "La Revue" aux Galeries, pendant les fêtes de fin d’année et reprendra en 2010, "Pièce montée" pour faire rire encore et encore.


Bruxelles, château du Karreveld, jusqu’au 29 août, dans le cadre du festival Bruxellons. de 15 à 20 €. Infos : 02.724.24.24 et www.bruxellons.net