Festival d’art de Huy : musiques et voix du monde

Consacré depuis 1998 aux musiques et aux voix du monde, le festival d’art de Huy est l’un des événements les plus attendus des mélomanes. Maintes fois cité en exemple, le festival se démarque en effet chaque année par sa qualité d’écoute irréprochable, son cadre idyllique et sa programmation artistique exceptionnelle, mêlant sans complexe les sonorités traditionnelles aux rythmes les plus contemporains.

Julie Gillet

Consacré depuis 1998 aux musiques et aux voix du monde, le festival d’art de Huy est l’un des événements les plus attendus des mélomanes. Maintes fois cité en exemple, le festival se démarque en effet chaque année par sa qualité d’écoute irréprochable, son cadre idyllique et sa programmation artistique exceptionnelle, mêlant sans complexe les sonorités traditionnelles aux rythmes les plus contemporains. Amadou et Mariam, Cheb Mami, Didier Laloy ou encore Ibrahim Maalouf ont ainsi déjà fait résonner les murs du couvent des Frères mineurs.

Cette année, petit changement dans les habitudes, l’église Saint-Mengold n’accueille pas les visiteurs. A la place, le festival s’offre des airs de vacances, au bord de l’eau, sur la péniche "Aurélia Feria", où ont lieu une multitude de concerts gratuits, plus intimistes, qui raviront les curieux sans le sou.

Mercredi soir, la belle Mathilde Renault ouvrait le bal, accompagnée par le génie nordique du saxophone, Jonas Knutsson. Assise sur son ballon - qui lui permet "de mieux danser en jouant" -, la pianiste a enchanté le public avec sa voix aérienne, mise en valeur par les accords mi-folk mi-jazz d’un Jonas Knutsson plutôt en forme. Le saxophoniste aborde la mélodie avec une souplesse expressive rare, servie par une technique impeccable, et le duo se répond avec légèreté. "Je puise mon inspiration dans les voyages et dans les rencontres que je fais", explique la jeune artiste, originaire de Stoumont, près de Spa. Un dialogue entre ciel et terre, dans une langue parfois imaginaire, où s’entrecroisent douceur et énergie.

Et d’énergie, il en était question avec les deux Suisses Christian Zehnder et Balthasar Streiff, du duo "Stimmhorn". Si Mathilde Renault était l’air, eux sont la terre, celle des Alpes, des montagnes et des bergers restés trop longtemps au soleil. Décalés, surprenants, les mots manquent pour décrire leur humour et leur dextérité. Tandis que Christian Zehnder scotche le public en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire par ses capacités vocales exceptionnelles et sa pratique du chant diphonique (émission de deux sons simultanés) et du yodle (vocalise des bergers de montagne), Balthasar Streiff s’intéresse quant à lui au cor des Alpes, au cornet, à la trompette baroque, au tuba et autres didgeridoos avec une prodigieuse maîtrise. Un voyage inattendu, partant des cimes enneigées des Alpes pour rejoindre les confins de la Mongolie, tantôt opéra tantôt jazz, mais jamais là où l’on ne l’attend. "C’est vraiment une bonne surprise, on ne s’attendait pas à cet humour, cette voix et ce souffle", "Une véritable découverte", le public semble conquis et se lève pour applaudir.

Après une carte blanche à Tuur Florizone, jeudi soir, le festival accueillera "Les Tisserands" samedi et "Amsterdam Klezmer Band" dimanche. Avis aux amateurs de découvertes !