Trente mille personnes ravies. Si, si !

Laiche, à 3 km de Chassepierre dimanche après-midi. Le petit village-rue, voisin de celui qui accueille depuis 36 ans la fête des artistes, s’est transformé en avant-poste du festival, avec pour fonction de stocker les milliers de véhicules qui ont transporté jusqu’au milieu de la Gaume, des champs et des vaches, le public féru de belles choses, de chouettes histoires. Quelques images de Chassepierre

A.V.
Trente mille personnes ravies. Si, si !
©Jean-Luc Flémal

Laiche, à 3 km de Chassepierre dimanche après-midi. Le petit village-rue, voisin de celui qui accueille depuis 36 ans la fête des artistes, s’est transformé en avant-poste du festival, avec pour fonction de stocker les milliers de véhicules qui ont transporté jusqu’au milieu de la Gaume, des champs et des vaches, le public féru de belles choses, de chouettes histoires. Tout comme son comparse, le festival du conte de Chiny, mais situé à l’autre extrémité du calendrier d’été, Chassepierre remue la tranquillité gaumaise, créant l’attroupement d’un public averti, qui sait qu’on ne lui aura pas menti sur le produit. En effet, Chassepierre sait accueillir tous ces publics. Qu’ils soient en poussette, en chaise roulante (l’accès aux personnes à mobilité réduite n’est pas oublié), qu’ils soient coiffés d’une montagne de rastas ou simplement, les habitués - reconnaissables à leur tabouret pliable, attaché au sac à dos -, toute une population hétéroclite se presse à l’espace "Prairie Semois" - joliment dit - pour voir des acrobates emplumés et hispaniques - "il n’y a qu’à Chassepierre qu’on voit çà". Los Gingers, venus d’Espagne, nous servent un numéro d’acrobatie, sur des notes aussi décalées que la "Carioca" d’Alain Chabat. Le "roi de l’acrobatie" n’est, en fait, pas une flèche, plus prompt à se cramponner au palmier ou redessiner sa mèche collante de gomina qu’à faire des soleils. Le public en redemande, et tant mieux, un match de tennis a bientôt lieu, que du beau jeu messieurs, mais ici, la raquette est prohibée, débutants s’abstenir, à moins de savoir jongler, évidemment.

Un peu plus loin, les spectateurs se pelotonnent devant la Semois, où se donne le déambulation aérienne de Kirkas Gaya. La compagnie belge joue autant sur le terrain acrobatique que poétique - un chouia trop intellectualisant pour le public, qui, tout en cuisant à petit feu, attend du mouvement qui ne se fait plus attendre longtemps, au rythme de Notwist. Retraverser le village, croiser des dragons, Cupidon, un groupe de choristes qui aiment Maurice Ravel cuit à point, pour assister enfin au spectacle de Philippe Vauchel, un conte dont on est le héros. La légende raconte que le comédien lui-même venait passer ses "p’tites vacances" à Chassepierre, enfant. Un spectacle à recommander, tant il fait monter "le taux d’humanité".