Sautes d'humour

Grotesque et tragique, fable et cabaret cohabitent dans la pièce dont Tabori (Budapest, 1914 - Berlin, 2007) plante l'action à Vienne, au début du XXe siècle. Le jeune Adolf Hitler, tout pétri de sa volonté de devenir artiste et de sauver le monde, est accueilli dans un asile pour sans-abri tenu par un vieux juif, Shlomo Herzl.

M.Ba.
Sautes d'humour
©DOMINIQUE HOUCEMANT

Grotesque et tragique, fable et cabaret cohabitent dans la pièce dont Tabori (Budapest, 1914 - Berlin, 2007) plante l'action à Vienne, au début du XXe siècle. Le jeune Adolf Hitler, tout pétri de sa volonté de devenir artiste et de sauver le monde, est accueilli dans un asile pour sans-abri tenu par un vieux juif, Shlomo Herzl.

David Strosberg - formé à l'Insas et qui travaille, à Bruxelles, dans les maisons de théâtre francophones et flamandes, dans les deux langues - met en scène ici Philippe Grand'Henry (en photo ci-contre), Didier de Neck, Gaëtan Lejeune, Aline Mahaux et Alexandre Trocki. Si, après avoir monté Hanokh Levin, il a porté son choix sur l'œuvre de George Tabori, c'est que celui-ci, comme celui-là, sont des auteurs de l'autodérision, de la désillusion. Et que tous deux manient l'humour des vaincus, celui qui nous rappelle, souligne le metteur en scène, que "la vie est un combat perdu d'avance".

"Mein Kampf (farce)" est un texte singulier en ce qu'il provoque le rire et l'interroge en même temps - ce qui revient à questionner la société. "Le rire n'est jamais plus explosif que lorsqu'il trouble une atmosphère étouffante et figée, note David Strosberg. Le rire se développe au sein d'une conscience commune. Il est social et transculturel. [...] A dorno disait qu'après Auschwitz, on ne pouvait plus écrire de poésie. n Kampf (farce) soutient le contraire. Et qui plus est, ce n'est pas pour les armes, mais pour le rire, qu'il mène son combat poétique."

© La Libre Belgique 2009


Bruxelles, Théâtre Varia (petite salle), du 13 au 24 octobre. Infos&rés. : 02.640.82.58, www.varia.be