Natacha Amal se prépare à être "Milady"

Après bientôt un quart de siècle d’existence, les spectacles de plein air de Villers-la-Ville organisés par Del Diffusion se cherchent un nouveau souffle. Patrick de Longrée, fondateur et animateur avec Rinus Vanelslander de cette véritable institution estivale, ne s’en cache pas.

Philip Tirard
Natacha Amal se prépare à être "Milady"
©D.R.

Après bientôt un quart de siècle d’existence, les spectacles de plein air de Villers-la-Ville organisés par Del Diffusion se cherchent un nouveau souffle. Patrick de Longrée, fondateur et animateur avec Rinus Vanelslander de cette véritable institution estivale, ne s’en cache pas. "Nos spectateurs ont vieilli avec nous. Depuis trois ans, nous avons senti la nécessité de régénérer le public en présentant des spectacles plus populaires mais toujours de qualité."

Alexandre Dumas père et ses "Trois mousquetaires", Eric-Emmanuel Schmitt à l’écriture et Natacha Amal en tête d’affiche: l’équation semble résolue pour l’été 2010 ! Pour la comédienne, rendue célèbre par la série télévisée "Femmes de loi", ce projet est une sorte de retour aux sources. Formée au conservatoire de Bruxelles par André Debaar, Natacha Amal retrouve ici sa vocation de "théâtreuse", comme elle dit. Car ce sont bien les planches qui l’ont menée au cinéma et à la télévision.

Le plein air du Brabant wallon ne lui fait pas peur. "J’étais sortie du conservatoire depuis deux ans quand j’ai joué "Le Songe d’une nuit d’été" de Shakespeare au Festival d’Avignon, dans une carrière calcaire balayée par le mistral. La mise en scène de Jérôme Savary n’était pas de tout repos. Mais surtout, nous mangions une poussière crayeuse qui nous cassait la voix. A côté de cela, l’humidité de Villers me paraît presque bienvenue !"

Présente à Bruxelles lundi dernier aux côtés d’Eric-Emmanuel Schmitt pour la présentation du projet à la presse, elle rencontrait l’auteur pour la première fois. Visiblement impressionnée, elle louait son adaptation pour sa fidélité à l’œuvre et son originalité, à savoir une vision quasi "féministe" du personnage de Milady.

Recevant les compliments avec sa grâce coutumière, Schmitt - dont c’est la deuxième commande pour Villers, après "Le Bossu" de Paul Féval en 2008 - s’expliquait sur ses intentions. "J’ai réécrit l’histoire du point de vue de Milady. Le spectacle compte dix-huit tableaux et elle est présente dans tous. Elle est devenue le personnage principal, grâce auquel les autres entrent en scène: d’Artagnan, Richelieu, Buckingham, etc. C’est une femme blessée qui a une revanche à prendre sur la vie: mon fil conducteur a été de tenter de comprendre son mystère. Elle me paraît plus résistante que froide et calculatrice."

Evoquant le caractère "shakespearien" de l’adaptation et la rapide succession des scènes, Patrick de Longrée précisait le rôle de la scénographie (qu’il assure lui-même) et des costumes. "Thierry Bosquet a créé une cinquantaine de costumes, dont une dizaine rien que pour Milady. Les éclairages de Christian Stenuit illumineront le site au grand angle, tandis que les visages des comédiens seront mis en valeur par des jeux de poursuites façon comédie musicale."

Natacha Amal ne tarissait pas d’éloges suite à sa séance d’essayage de l’avant-veille. "Il y a là une qualité et un savoir-faire qui se font rares. Les robes sont magnifiques; j’ai retrouvé mon âme de petite fille. Cela dit, il va falloir bien répéter les changements. Pascal Racan, le metteur en scène, me disait que j’allais devoir faire aussi bien que le transformiste Arturo Brachetti !" La comédienne ne s’est pas engagée à la légère. Elle entend que le spectacle connaisse une vie après Villers, à Paris et en tournée française.

Forte de dix-huit comédiens, la distribution accueille Julien Vargas - remarqué pour son "Aiglon" au Parc en 2008 - dans le rôle de d’Artagnan, flanqué de Gérald Wauthia (Porthos), Laurent Bonnet (Athos) et Steve Driesen (Aramis), face au Richelieu de Michelangelo Marchese, au Rochefort de Didier Colfs et au Buckingham de Patrice Micnke. Du côté féminin, on retrouvera Claire Tefnin (Constance), Delphine Charlier (Ketty) et Louise Rocco (Jeanne de Breuil). Hippolyte et Philémon Jongen se relaieront pour jouer le jeune fils de mais chut ! la suite dans les ruines de l’abbaye en juillet.

Villers-la-Ville, du 14 juillet au 7 août. De 28 à 33 € (réduction de 5 € en prévente jusqu’au 15 juin). Tél. 070.224.304 Web. www.milady2010.be