Paysages radioactifs bétonnés

Vaste exposition/installation puisque tout le circuit Guggenheim cubique de La Cambre architecture est occupé par l’ensemble des œuvres, photos, dessins, vidéos, installations sculpturale et architecturale. L’artiste, Cécile Massart (1949 - vit à Bruxelles), est une militante de l’anti-nucléaire par la voie des arts visuels. Depuis plus de 15 ans, elle effectue un véritable travail de sape et d’information sur le problème des déchets radioactifs et, surtout, de leur stockage.

Claude Lorent

Vaste exposition/installation puisque tout le circuit Guggenheim cubique de La Cambre architecture est occupé par l’ensemble des œuvres, photos, dessins, vidéos, installations sculpturale et architecturale. L’artiste, Cécile Massart (1949 - vit à Bruxelles), est une militante de l’anti-nucléaire par la voie des arts visuels. Depuis plus de 15 ans, elle effectue un véritable travail de sape et d’information sur le problème des déchets radioactifs et, surtout, de leur stockage.

Récemment, l’actualité a rendu compte avec force images médiatiques de l’opposition qui pouvait se manifester à l’égard du transport de ces déchets et du danger potentiel. Sans entrer directement dans le factuel, elle agit cependant en reporter artistique en accumulant les documents et les interventions.

Repérages, voyages, archivages, Cécile Massart s’acharne à rendre compte des réalités de ce phénomène lié à la technologie et aux besoins en énergie de la planète, en attendant que d’autres solutions puissent être mises en œuvre.

Cette fois, elle se focalise sur les sites où sont entreposés les déchets nucléaires, parcourt le monde, obtient à force de persévérance et de persuasion le droit de photographier et, ce faisant, elle ne rend pas seulement compte de cette réalité bien bétonnée, généralement inaccessible et invisible ou presque, elle détermine aussi une sorte de profil architectural moderniste puisque ces mastodontes sont tous construits en béton armé, aveugles, hermétiques, solides comme des blockhaus indestructibles, fonctionnels dans leur minimalisme neutre et géométrique, silencieux et imposants, même s’ils sont camouflés pour sauver les apparences.

L’artiste précise : "Le sujet traite de la mémorisation, de l’archivage, de l’identification, du stockage des déchets radioactifs et des installations nucléaires démantelées dans le paysage." Quant au "travail actuel, [il] est résolument tourné vers une lutte contre le camouflage de ces sites et un engagement pour le marquage". En photographie, en plans et extensions sculpturales dans l’espace (la menace !), en installation au sol et dans l’architecture, en gravures sur alu, en vidéos reportages, en signes chromatiques et sigles, Cécile Massart veut faire voir, faire exister, imposer à la vue et, donc, à notre savoir ce qui est plus ou moins secret et caché, mais représente à ses yeux une menace pour l’avenir de la vie sur notre planète.

Une forme artistique sobre et de rigueur, mais politiquement très incorrecte !

Cécile Massart. La Conscience du paysage. Espace architecture La Cambre Horta, 19 bis, place Flagey, 1050 Bruxelles. Jusqu’au 27 mars. Du mardi au dimanche, de 11h à 18h.