"Lettre à une actrice"

Le texte "Lettre à une actrice" est brillant, drôle, agressif, érudit, nerveux, une lettre amoureuse des acteurs et du théâtre. L’actrice à qui s’adresse Jean-Marie Piemme, il la nomme Anna. C’est à peu près tout ce qu’on saura d’elle. Non. On saura aussi qu’elle joue "Hedda Gabler" de Ibsen. Extraits du texte : "Le mystère d’un personnage est toujours plus intéressant que sa clarté, et on n’en fait jamais trop pour donner épaisseur et chair à ce mystère." - "Obscurcis, dérobe, cache, ruse, multiplie les facettes, déploie les contradictions, rends-nous joyeux à l’idée du mystère, dis ce qu’elle est, ce qu’elle aurait pu être, ce qu’elle n’est pas, ce qu’elle a été, ce qu’elle ne sera jamais plus, voilà du pain sur la planche. Le théâtre n’a que faire des accords apeurés, des soumissions molles, des fraternités hypocrites. Il a besoin de belles grandes résistances et notamment de celle du comédien." - "Pourquoi le spectateur paierait-il sa place pour regarder sur scène des gens qui jouent à peine mieux que lui ? Je vais au théâtre pour jouir de l’art d’un autre dans la distance de mon regard, pas pour fraterniser avec l’incompétence. Je laisse le naturel et la sincérité à la télévision, elle en fait un grand usage." - "Le théâtre, c’est le monde qui se sait ironique, et l’acteur qui s’obstine à faire le singe. Pourquoi la poésie a-t-elle facilement du dédain face au théâtre ? Pourquoi les philosophes nous prennent-ils parfois avec des pincettes, pourquoi la grande littérature donne- t-elle l’air de s’encanailler quand elle nous parle ? Parce que nous sommes des singes." - "On dit que le théâtre va crever. Quelle salade ! Crever le théâtre ? Pas du tout, il n’a jamais eu autant de matière sous la main."

Le texte "Lettre à une actrice" est brillant, drôle, agressif, érudit, nerveux, une lettre amoureuse des acteurs et du théâtre. L’actrice à qui s’adresse Jean-Marie Piemme, il la nomme Anna. C’est à peu près tout ce qu’on saura d’elle. Non. On saura aussi qu’elle joue "Hedda Gabler" de Ib­sen. Extraits du texte : "Le mystère d’un personnage est toujours plus intéressant que sa clarté, et on n’en fait jamais trop pour donner épaisseur et chair à ce mystère." - "Obscurcis, dérobe, cache, ruse, multiplie les facettes, déploie les contradictions, rends-nous joyeux à l’idée du mystère, dis ce qu’elle est, ce qu’elle aurait pu être, ce qu’elle n’est pas, ce qu’elle a été, ce qu’elle ne sera jamais plus, voilà du pain sur la planche. Le théâtre n’a que faire des accords apeurés, des soumissions molles, des fraternités hypocrites. Il a besoin de belles grandes résistances et notamment de celle du comédien." - "Pourquoi le spectateur paierait-il sa place pour regarder sur scène des gens qui jouent à peine mieux que lui ? Je vais au théâtre pour jouir de l’art d’un autre dans la distance de mon regard, pas pour fraterniser avec l’incompétence. Je laisse le naturel et la sincérité à la télévision, elle en fait un grand usage." - "Le théâtre, c’est le monde qui se sait ironique, et l’acteur qui s’obstine à faire le singe. Pourquoi la poésie a-t-elle facilement du dédain face au théâtre ? Pourquoi les philosophes nous prennent-ils parfois avec des pincettes, pourquoi la grande littérature donne- t-elle l’air de s’encanailler quand elle nous parle ? Parce que nous sommes des singes." - "On dit que le théâtre va crever. Quelle salade ! Crever le théâtre ? Pas du tout, il n’a jamais eu autant de matière sous la main."

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