Un levier financier pour les créatifs

Quel point commun peut-il bien y avoir entre le metteur en scène de "Décrocher la Lune", deux architectes carolos et trois frères qui produisent des jeux vidéos ? Voici : ils comptent parmi les premiers bénéficiaires des aides publiques octroyées à l’enseigne de St’art.

Un levier financier pour les créatifs
©Alexis Haulot
P.P.

Quel point commun peut-il bien y avoir entre le metteur en scène de "Décrocher la Lune", deux architectes carolos et trois frères qui produisent des jeux vidéos ? Voici : ils comptent parmi les premiers bénéficiaires des aides publiques octroyées à l’enseigne de St’art.

Pour rappel, il s’agit là d’un fonds d’investissement destiné exclusivement à soutenir des entreprises culturelles et "créatives" dans les domaines les plus divers, de la musique au design et de la mode à l’édition. Sauf le cinéma. Ce n’est pas un oubli : les industries du cinéma peuvent déjà bénéficier de Wallimage, et depuis peu de son homologue Bruxellimage. St’art est d’ailleurs né d’une interpellation des milieux du livre auprès des politiques, sur le hiatus qu’ils ressentaient entre le cinéma et les autres secteurs. C’est ce que rappelle le ministre-Président wallon et francophone Rudy Demotte (dont le chef de cabinet Renaud Witmeur préside le fonds), aux côtés de deux autres ministres PS, Laanan (Culture, Communauté) et Marcourt (Economie, Région). Car si Wallimage est un fonds régional (dont les soutiens peuvent compléter les subsides culturels, ceux-ci communautaires, et les aides fiscales, celles-ci fédérales), St’art a été créé, début 2010, par apports conjoints de la Région wallonne et de la Communauté française (vieilles appellations ) à hauteur de 5 millions pour chacune des deux entités.

En voici donc les premiers résultats, qui ont été publiés jeudi. Un an après son lancement, St’art a soutenu onze projets pour un investissement total de 2,28 millions d’euros. Il y a là soit des prêts à taux préférentiels, soit des entrées dans le capital, soit une combinaison des deux aides. Les onze sociétés devraient créer dans les trois ans quelque 80 emplois directs (équivalents temps plein) et générer en deux ans plus de 140 millions de chiffre d’affaires. Comme dit Jean-Claude Marcourt, "on peut dégager un véritable écosystème autour de la culture"

Et qui sont les onze ? Curieusement, voire cavalièrement, la liste n’en est pas communiquée, pour la raison ou le prétexte que des dossiers sont en phase de création, en cours de finalisation. Soit. Il faudra donc se contenter des exemples mis en exergue.

Ainsi, Aka Music, une SA née en 2008 et basée à Bruxelles, est un site communautaire permettant aux artistes de faire produire leur format musical par les internautes; Réservoir A, une SPRL née en 2008 et basée à Charleroi, se positionne comme bureau d’architecture et d’urbanisme; Vetasoft, une SPRL constituée par trois frères en 2009 et basée à Mons, développe des jeux vidéo à destination des Smartphones et de l’Ipad ; Tempora, une SA née en 1998 et basée à Bruxelles, est connue pour ses réalisations d’expos et parcours scientifiques, de "Dieu (x) modes d’emploi" à "L’Amérique, c’est aussi notre histoire"; les Productions du Dragon, la SA créée en 2001 par Franco Dragone et basée à La Louvière, sont actives dans les spectacles permanents et autres événements spéciaux.

On voit bien qu’il y a là comme deux divisions. On a jugé que les trois premiers cas, à leurs débuts, méritaient un coup de pouce. Tandis que les deux derniers, des gros gabarits, ont sollicité et obtenu des aides d’un autre genre, pour faire face à leurs développements à l’étranger qui requièrent de gros débours (notamment la Pologne pour Tempora, et Macao pour le Dragon).

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