L’effet subtil - ou pas - du cannabis

Librement inspirés des "Monologues du vagin" d’Eve Ensler, les "Monologues de la marijuana" ont été imaginés par trois auteurs américains, Arj Barker, Tony Camin et Doug Benson, également comédiens.

L’effet subtil - ou pas - du cannabis
©Bauweraerts
Camille de Marcilly

Librement inspirés des "Monologues du vagin" d’Eve Ensler, les "Monologues de la marijuana" ont été imaginés par trois auteurs américains, Arj Barker, Tony Camin et Doug Benson, également comédiens. Traduit en français, ce spectacle est mis en scène par Tilly dans la mouvance américaine, type stand-up, au Poche. Sur scène, trois tabourets, en fond, un rideau de fines lamelles sur lequel se reflètent les couleurs des lumières, et trois comédiens, James Deano - l’auteur du tube "Les Blancs ne savent pas danser" -, Stéphane Fenocchi et Riton Liebman vêtus de vestes et de cravate ou nœud papillon.

D’emblée le ton est donné, il ne s’agira pas de l’errance psychédélique de trois "taffeurs" mais bien d’une sorte de plaidoyer pour la marijuana. Les tableaux, pourtant, ont un "potentiel comique" comme la séquence "la dernière fois que j’étais pété, j’ai essayé de me regarder cligner des yeux dans le miroir/je me suis réjouis de voir que ma femme n’étais pas là alors que j’entrais dans le garage elle conduisait à côté de moi, etc." ou bien "si la beuh pouvait parler, elle dirait ". Quelques répliques font mouche comme l’allusion à la fibre de chanvre qui peut servir à tisser des vêtements, "on peut s’habiller entièrement en herbe, on ne peut pas en dire autant des autres drogues !" Mais même s’il est à prendre au 36e degré, ce spectacle enchaîne les "arguments" pour la dépénalisation. Aux yeux des auteurs, il n’y a pas de raison valable de ne pas fumer, les avertissements des scientifiques sont presque tous des mensonges - la preuve : les sachets de marijuana sont transparents, contrairement au tabac -, il n’est pas possible de faire une overdose avec de l’herbe, les non-fumeurs sont "des casse-couilles" Malgré l’ironie et le sourire, le manque de subtilité du texte n’installe pas vraiment le débat, comme s’il n’était pas possible de faire rire et de poser la question de la légalisation. Sans doute, la forme, très américaine, avec ses invitations récurrentes à fumer, s’exporte-t-elle assez mal dans ce cas et les comédiens qui y mettent du cœur peinent à transmettre cet esprit.


Bruxelles, Théâtre de Poche, jusqu’au 31 décembre et du 13 au 21 avril 2012. Durée : env. 1h15. De 8 à 16 €. Infos : 02.649.17.27. et www.poche.be.

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