"Going home": le type qui ne sait plus d’où il vient

"Going home" de Vincent Hennebicq, l’utopie à l’envers d’un Africain qui veut rentrer chez lui. Critique.

"Going home": le type qui ne sait plus d’où il vient
©D.R./theatrenational.be
Guy Duplat

Vincent Hennebicq fait partie de cette brillante génération montante née au Conservatoire de Liège. Acteur prolifique, il met aussi en scène et monte ses spectacles comme « Going home » créé mardi au Théâtre National dans le cadre du Festival de Liège.

Il y raconte un destin très singulier, mais comme il y a en a sans doute des milliers à côté de nous, dans ces SDF, illégaux, ou autres déracinés qu’on ne voit même plus. L’histoire de Michalak lui a été inspirée par un prévenu rencontré au tribunal quand il préparait la pièce « Tribuna(a)l » de Jos Verbist et Raven Ruëll.

C’est le récit d’un homme né en Afrique mais adopté à sa naissance à Salzbourg en Autriche. Sa jeunesse fut cahotique, faite de mauvaises rencontres et de petits boulots. Il en arrive à devoir braquer une banque et s’enfuit en Ethiopie où il découvre ses racines. Des racines certes pauvres, mais il s’enthousiasme pour le café cultivé dans ses collines splendides. Son passé, cependant, le rattrape et il est renvoyé en Europe où c’est à nouveau, galère et à nouveau, braquage foireux. Il risque cette fois dix ans de prison mais les juges, humains, ne le condamnent qu’à deux ans et, à sa sortie, l’aident -un miracle- à réaliser son rêve et prendre un avion pour aller vivre en Ethiopie.

Musiques

Going Home est l’histoire d’une utopie à l’envers, d’une migration inversée, d’un type qui ne sait plus d’où il vient. Il n’a pas de véritable nationalité, balloté par des systèmes cruels. Il est homme, et c’est tout.

Cette histoire généreuse, parfois moins convaincante dans sa forme, fait réfléchir aux stéréotypes sur les migrations. Elle est portée par le comédien Dorcy Rugamba, seul en scène avec deux musiciens improvisant des musiques live. Et parfois, les vidéos de l’Eden éthiopien, avec les beaux visages, les paysages de caféiers, les voiles blancs des hommes et des femmes.


Going home de Vincent Hennebicq, jusqu’au 14-2 au Théâtre National, du 17 au 19-2 au Festival de Liège.