L’impact économique du cirque

Latitude 50 reçoit le premier million pour son vaste projet de pôle circassien.

Bertels Laurence
L’impact économique du cirque

Une nouvelle roulotte d’habitation ! Voilà qui n’est pas passé inaperçu à la clôture de saison, ce week-end, de Latitude 50, pôle des arts du cirque et de la rue. Devenirs, une ASBL de réinsertion professionnelle, qui réalise déjà les décors des compagnies en résidence à Latitude 50, a présenté son projet de construction de roulottes d’habitation et la création, à terme, d’une structure d’économie sociale autour des métiers de l’itinérance. Une nouvelle initiative qui s’inscrit dans le vaste projet de Latitude 50 qui vient de recevoir une belle promesse : l’octroi du premier million d’euros pour la création de son Pôle wallon des arts du cirque et de la rue. Coût de l’opération ? Sept millions d’euros.

Pourquoi ce premier coup de pouce ? Parce que le projet de Marchin a été retenu par la supracommunalité "Liège Europe Métropole"- organe de concertation entre les provinces et collectivités locales - comme un des cinq projets structurants, au même titre que la gare de Huy, le téléphérique ou encore l’insectarium de l’arrondissement de Huy Waremme.

Le poids économique de la culture

Ces volets économiques et socio-culturels, Olivier Minet, directeur de Latitude 50, aime à les rappeler lui aussi. À l’heure où les coupes dans le secteur culturel se font à la hache, il cite l’étude "Creating Growth" qui révèle le poids économique de la culture en millions d’emplois en Europe(1). Il en ressort qu’avec 7,1 millions, elle arrive en troisième position après la construction (15,3) et la restauration (7,3) !

Pour l’heure, outre les cinq équivalents temps plein qui travaillent à Latitude 50, le pôle des arts du cirque et de la rue fournit aussi du travail aux compagnies créatrices de spectacles, et indirectement aux médecins, aux ostéopathes, aux kinésithérapeutes, aux maraîchers, aux chauffeurs de taxis, aux charpentiers, aux menuisiers… Sans oublier l’ancrage local avec les restaurants solidaires du CPAS de Marchin ni l’Atelier - voir ci-dessus - où se créent les décors grâce aux personnes en réinsertion professionnelle. Entre autres. Tout cela pour dire que depuis les Renc’Arts de la FAR (Fédération des arts de la rue) en 2003, l’enfant a grandi et a fêté dignement ses dix ans en octobre dernier.

Des humanités cirque

Dix ans, le temps des bilans mais aussi et surtout des projets et ambitions. Des projets, Latitude 50 n’en manque pas. Motivée par la multiplication des publics, des résidences d’artistes, des aides à l’écriture et des reconnaissances diverses, le lieu rêve de s’agrandir. Et ce, pour répondre, physiquement, aux divers besoins : une salle de spectacle de 350 places, une deuxième salle de travail pour les artistes en résidence - 35 à 40 compagnies y séjournent chaque année - , plus de capacité d’accueil pour les artistes, de nouveaux bureaux, l’intégration de l’École de cirque de Marchin, la création d’humanités circassiennes à l’IPES de Huy et même la recherche et la création de nouveaux agrès de cirque. Le tout, en favorisant le circuit court, en défendant le chapiteau et les caravanes qui pourront toujours s’installer sur la place, entre le kiosque et les sorbiers, et en chouchoutant l’esprit bucolique de l’endroit, ce supplément d’âme qui le rend si singulier.


(1) Étude datant du 2 décembre 2014 et réalisée à la demande du Groupement européen des sociétés d’auteurs et compositeurs (GESAC) à Ernst&Young sur le poids économique du secteur culturel et créatif en Europe.

Plus d’infos : www.latitude50.be