Le Théâtre de la Toison d’Or fête ses 20 ans

a saison 2015-2016 sera festive au TTO avec un spectacle anniversaire. Entretien.

Camille de Marcilly
Le Théâtre de la Toison d’Or fête ses 20 ans

En 1995, un nouveau théâtre ouvrait ses portes à Bruxelles, dans la galerie de la Toison d’Or. Nathalie Uffner, toujours à la barre depuis vingt ans, a réussi à inscrire le TTO dans un créneau qui fait son succès : la comédie. Au TTO, on se détend avec des créations, des concepts (des professionnels viennent présenter leurs métiers, des soirées en anglais, des dîners, du stand-up) et des reprises. Sébastien Ministru, Antoine Guillaume, Dominique Bréda, Laurence Bibot et bien d’autres ont marqué ce lieu de leur joyeuse empreinte.

Pour la saison 2015-2016 qui se clôturera par un bal "Cendrillon, ce macho" (l’un des grands succès du TTO), un spectacle est spécialement créé pour fêter les 20 ans. "Rire, please", de Laurence Bibot et Sébastien Ministru mis en scène par Nathalie Uffner, épinglera - avec humour - le milieu du théâtre belge.

Comment l’aventure a-t-elle commencé ?

Nathalie Uffner : Il y a 20 ans, on a signé avec le propriétaire du lieu au mois d’avril puis en trois mois, il a fallu avancer sur la programmation. Partant de rien, c’était rock’n’roll !

Le lieu est un ancien cinéma.

C’était le cinéma Clichy où j’allais quand j’étais petite. Mes parents ont eu un magasin dans la galerie pendant 25 ans, je connaissais bien les lieux. Le cinéma était abandonné depuis des années et on a pu le louer.

Dès le début, vous avez pris le parti de la comédie ?

Oui, c’était tout de suite évident. J’ai fait le conservatoire puis joué des spectacles plutôt drôles au théâtre de la Samaritaine. Quand on a ouvert le Théâtre de la Toison d’Or, j’ai voulu continuer la comédie et créer un théâtre axé sur le divertissement.

Depuis quelques années, le TTO a un succès fou. Y a-t-il eu des saisons plus difficiles ?

Au début, on n’avait qu’un seul spectacle qui fonctionnait et les autres moyennement ou pas du tout. Puis deux pièces par an, puis trois, etc. Cela a été progressif. Aujourd’hui, tous les spectacles sont presque complets.

Le TTO, c’est aussi une grande famille d’artistes.

Au fil des années, je me suis constitué une équipe de gens qui ont du talent. J’espère aussi découvrir de jeunes comédiens, c’est pour cette raison que nous avons relancé le Café Théâtre. Ce sont des jeunes issus du conservatoire. Dominique Bréda, Antoine Guillaume et Alexis Goslain parrainent cette nouvelle troupe mais l’idée est de les laisser créer. Le Café Théâtre, c’est comme un laboratoire.

En début de saison, vous présentez un spectacle créé pour les 20 ans.

Avec Laurence Bibot et Sébastien Ministru, nous avons réfléchi à un concept pour se moquer de nous-mêmes et du milieu théâtral. Il y a à la fois une mise en abyme et de l’invention, par exemple recevoir plein de prix aux prix de la Critique.

Pourquoi le rire est-il important pour vous ?

Le rire fait tout passer, la tristesse, les combats, la difficulté de vivre… J’ai aujourd’hui la certitude que si on veut éduquer les gens, en particulier les jeunes, il faut utiliser le plaisir et l’ouverture en privilégiant la légèreté, ce qui ne signifie pas imbécillité. Le rire n’est pas synonyme de bêtise.


-> Bruxelles, Théâtre de la Toison d’Or, "Rire, please", du 17 septembre au 7 novembre. Infos & rés. 02.510.0.510; www.ttotheatre.com