On a retrouvé les Crocodiles

Les Crocodiles sont fidèles à l'automne belge et au Botanique qui les accueillait pour la troisième fois en 4 ans. Après un Witloof Bar mémorable en 2012, une plus dispensable Rotonde en 2013, on était curieux de les retrouver.

Marie-Anne Georges
On a retrouvé les Crocodiles
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Les Crocodiles sont fidèles à l'automne belge et au Botanique qui les accueillait pour la troisième fois en 4 ans. Après un Witloof Bar mémorable en 2012, une plus dispensable Rotonde en 2013, on était curieux de les retrouver. Ce fut chose faite jeudi soir. Depuis 2009, le groupe originaire de San Diego en Californie a publié cinq galettes. La dernière, « Boys », est sortie en mai dernier. On a pu goûté à certains des nouveaux morceaux (une demi-douzaine) sur scène et ce fut une belle surprise.

Crocodiles est une formation à géométrie variable emmenée par les deux membres fondateurs, Brandon Welchez au chant et à la guitare et Charles Rowell à la guitare. Elle fut complétée, ce soir-là, d'un guitariste et d'un batteur. Trois guitares, une batterie : y'avait de quoi abattre du bon travail, ce qui fut chose accomplie. Avec cinq albums, nos Californiens ont de quoi faire. Ils auraient pu s'égarer, puiser ça et là sans discernement. Mais jeudi soir, leur set était resserré et d'une belle homogénéité. Ils avaient écarté les morceaux trop connotés new wave, qui fait qu'on les compare trop souvent à Jesus & Mary Chain et laissé la part belle à une pure intensité électrique (illustré par « Refuse Angels », extrait de leur premier « Summer of hate » ou « Do the Void » tiré de Boys ») ainsi qu'à une pop psyché saturée, le ballet des guitares aux belles distorsions étant particulièrement jouissif. Ci et là, Brandon tournait le dos au public pour bidouiller quelques notes sur sa petite boîte à rythmes (flagrant sur « Foolin' Around », extrait de « Boys »). Ils ont donc gratifié le public de la sympathique Rotonde d'un set enlevé qui se tenait de bout en bout.

L'urgence n'est pas un vain mot pour nos Crocodiles guère amateurs d'une prestation qui se tire en longueur. Après 40 minutes pêchues, ils ont disparu. Mais sont revenus. Pour un « Jet boy jet girl » improbable, dont la trame musicale n'est autre que celle de « Ca plane pour moi ». En anglais, « Jet boy jet girl » fut pour la première fois interprété, en 1978, par le groupe punk anglo-belge Elton Motello. Il fut repris de nombreuses fois, notamment par les Damned. Brandon Welchez et sa clique en ont offert une soufflante version (que l'on retrouve sur « Sleep Forever », leur 2e effort) dont le dernier couplet fut interprété... en français. Pour ce moment festif, ils convièrent sur scène les Mancuniennes Pins, première partie du concert.