"Espejo", jeux doubles

José Besprosvany joue sur le miroir, le double, le regard sur le danseur. Critique.

"Espejo", jeux doubles
Duplat Guy

Dans son nouveau spectacle "Espejo" (le miroir) créé au Varia, le chorégraphe belge d’origine mexicaine José Besprosvany explore l’idée du miroir et du double. Quand on se regarde dans un miroir, l’image qu’on voit n’est pas exactement ce qu’on est. La main droite devient la main gauche et on ne peut jamais voir son dos. Et quel est le reflet qu’on donne de nous quand on se produit sur une scène ?

José Besprosvany se souvient aussi de la tension douloureuse qu’il vécut jeune, en se montrant pour la première fois comme danseur sur une scène, devant son père.

Le même et l’autre

Dans ce spectacle, il explore plusieurs facettes de ce thème. D’abord avec les deux danseurs, l’Espagnol Lisard Tranis et le Vénézuelien Gabriel David Nieto. Il joue sur leurs ressemblances comme sur leurs oppositions physiques, l’un étant bâti tout en force. Ils sont tantôt des jumeaux, tantôt des contraires, en tension ou en réunion, en attirance ou en répulsion.

Il joue aussi sur l’opposition entre les spectateurs, les "regardeurs" et les danseurs. Les premiers sont placés de part et d’autre de la scène. Les spectateurs d’en face sont comme nous, qui nous verrions dans un miroir.

"Espejo" est construit en trois temps. Le premier est une installation visuelle de Yannick Jacquet qui utilise le mapping pour créer une architecture virtuelle de lignes, de lumières et de films translucides. La scène où se trouvent les deux danseurs devient un Palais des glaces, un labyrinthe où chacun cherche sa voie et son image.

La seconde partie est plus conceptuelle et verbale avec un texte sur le rapport ambigu entre regardé et regardeur.

Trio de Schubert

Enfin, le troisième volet est dansé sur un célèbre trio de Schubert (l’opus 100). Un duo d’hommes qui oscille entre le duo classique et la danse plus hip-hop, entre l’union et l’affrontement.

La tragédie de l’homme, comme sa richesse, est que l’Autre est son double et en même temps,son absolu différent.

Bruxelles, Petit Varia, jusqu’au 12 décembre, à 20h. Infos & rés.: 02.640.35.50, www.varia.be

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