"Alive", un drôle de western

La pièce, proposée aux Martyrs, pulvérise les codes du théâtre. Efficace et amusant.

"Alive", un drôle de western
Van Dievort Charles

La pièce, proposée aux Martyrs, pulvérise les codes du théâtre. Efficace et amusant.

Tout est vrai sauf le personnage du cow-boy" peut-on entendre dès les premières secondes d’"Alive" qui se donne au théâtre de la place des Martyrs, à Bruxelles. Voilà qui donne le ton. Dans leur spectacle, Emmanuel Dekonninck, Gilles Masson et Benoît Verhaert se jouent des codes qui régissent traditionnellement le théâtre. Ils se glissent à plusieurs dans la peau d’un même personnage, ils remettent en question l’histoire écrite, ils font exploser les frontières de la scène, celles qui la séparent des coulisses mais aussi du public.

A cheval entre la parodie de western, le spectacle d’humour à sketches et le théâtre, "Alive" nous plonge dans l’univers de l’enfance et de l’adolescence. Celui où les petits garçons se créent des amis imaginaires de la trempe des super-héros et celui où le temps est venu de s’affranchir de ces compagnons de route temporaires.

Westerns spaghetti

A douze ans, après un décrochage scolaire et familial, Emmanuel prend la direction de l’internat, à Hannut. Pour échapper au quotidien de ce lieu clos, il s’invente un ami avec qui faire les quatre cents coups. Ce sera Black le cow-boy. Mais sept ans plus tard, Emmanuel débarque à Bruxelles pour faire du théâtre. Terminé la fiction, place à la vraie vie. Black est condamné. Il doit mourir comme on doit tuer le père.

Le chemin pour y parvenir passe par un saloon, un vieux bordel, un désert et un campement indien, le tout… sans décors mais grâce, entre autres, à la musique. Omniprésente tout au long du spectacle et jouée en direct de façon très astucieuse, elle fait planer l’ombre d’Ennio Morricone et plonge le spectateur dans l’ambiance des mythiques westerns spaghetti dans lesquels on croise la route de Marvin Gaye ou des Bee Gees.

Efficace et drôle, "Alive" est une belle réussite même si deux ou trois petites longueurs auraient pu être évitées. Mais aussi au final, on se laisse très agréablement emporter par une histoire plus touchante qu’il n’y paraît et les loufoqueries imaginées par les auteurs. On ne se lasse pas non plus de la présence scénique du régisseur-accessoiriste Juan Borrgo qui, sans dire un mot, s’impose comme quatrième acteur.Charles Van Dievort

Théâtre de la place des Martyrs, place des Martyrs, 1000 Bruxelles. Jusqu’au 3 janvier. Tél. 02 223 32 08. www.theatredesmartyrs.be