Un week-end presque ordinaire, à Bruxelles, en mai

Prolongé d’un lundi férié, ce week-end-là n’avait pourtant pas commencé tout à fait comme les autres. Aux Brigittines, vendredi, dès 23h, allait se déployer "Natten" de l’artiste suédois Marten Spangberg.

Marie Baudet

Prolongé d’un lundi férié, ce week-end-là n’avait pourtant pas commencé tout à fait comme les autres. Aux Brigittines, vendredi, dès 23h, allait se déployer "Natten" de l’artiste suédois Marten Spangberg. Jonché de coussins et de couvertures, ponctué de drapés métalliques et d’objets divers, le sol de la chapelle est investi par un public nombreux, qui pourra aller et venir - voire dormir - tandis que plus de six heures durant huit jeunes danseurs (recrutés à Parts, l’école d’Anne Teresa De Keersmaeker) vont explorer l’obscurité, la lenteur, le monde angoissant ou rassurant de cette nuit pleine de silences et de sons, de mouvements en suspension.

Lorsqu’on quitte cette installation performative, le froid du dehors nous surprend. Les oiseaux chantent déjà. On trouve des croissants. Le week-end ne fait que commencer. Il se poursuivra avec, entre autres, "A possibility of an abstraction" de Germaine Kruip. Noir et blanc, formes et lumières, persistance rétinienne : une proposition radicale, hypnotique, plastiquement inspirante, formellement fascinante. Du Kaaitheater on file vers le Bronks - en se félicitant de festivaler à bicyclette - pour recevoir en plein cœur "Zvizdal" de Berlin. Le pouvoir de l’image et ses déclinaisons résonneront tout au long du dimanche, sans spectacle au programme mais plein d’échos. Avant de, lundi, se mêler à la fourmilière de Bouchra Ouizguen et frémir d’admiration devant le travail de Milo Rau.M.Ba.

-> Centre du festival aux Brigittines, Bruxelles, jusqu’au 28 mai.