Des engueulades et “Un grand cri d’amour”

Des engueulades et “Un grand cri d’amour”
©Isabelle De Beir

Ces deux-là se sont aimés follement, pendant 12 ans. Comédiens en haut de l’affiche, Gigi Ortéga et Hugo Martial étaient “le” couple star qui faisait rêver sur scène et à la ville. Mais le temps a fait son œuvre. Ils se sont séparés et les années de gloire sont devenues des années noires  : elle, s’est perdue dans l’alcool, noyant son amour, sa détresse et sa carrière ; lui, s’est accroché à tous les rôles possibles et aux midinettes.

D’ailleurs, Hugo Martial commence à répéter une nouvelle pièce, Un grand cri d’amour, qui devrait sceller son retour sur scène. Mais, à quelques semaines de la première, sa partenaire le lâche. Son agent, Sylvestre, va user de tous les stratagèmes pour lui trouver une remplaçante, qui n’est autre que… son ancienne amante, Gigi Ortéga, au grand dam du metteur en scène, Léon, qui va devoir diriger ces deux égos surdimensionnés.


La gouaille de Balasko

Écrite en 1996 par la comédienne française Josiane Balasko, la pièce Un grand cri d’amour reflète à merveille la gouaille de son auteur  : des répliques culottées et enlevées avec une bonne dose d’insolence, de goujaterie et d’humour. Actuellement au Théâtre des Galeries, Natacha Amal et Alain Leempoel livrent une prestation dynamique, haute en couleur et en humeur dans les rôles-titres de Gigi Ortéga – bimbo quadra, ancienne alcoolo, susceptible et blessée – et Hugo Martial – ex intraitable et cynique en mal de reconnaissance.

Sur fond de subterfuges orchestrés par Sylvestre (impeccable Bernard Cogniaux), d’engueulades, de règlements de comptes et de gifles bien envoyées, le public découvre, grâce à l’habile mise en scène de Daniel Hanssens, l’envers du décor d’une pièce de théâtre  : l’inimitié entre les comédiens, la pression de la production et des médias, le réglage des éclairages, l’installation des décors, le choix des costumes,…. Le tout sous le regard stressé  et angoissé du metteur en scène Léon, formidablement interprété par Pierre Pigeolet.

Une pièce dans la pièce qui lève un coin du voile sur l’univers du spectacle pas toujours si rose et sur le roulis du métier de comédien(ne) qui peut rapidement quitter la lumière des plateaux pour l’ombre de l’oubli.

Bruxelles, Théâtre royal des Galeries, jusqu’au 18 novembre. Infos et rés.  : 02.512.04.07 – www.trg.be