"Ultime rendez-vous", l’histoire d’un spectacle en appartement

"Ultime rendez-vous", l’histoire d’un spectacle en appartement
©C.C. Enghien

La Maison Éphémère lance un appel : qui hébergera la première des cent représentations à venir ? Rencontre.

Un homme - divorcé, des enfants, au chômage - tente de noyer sa déprime dans un site de rencontres. Parmi tous les profils en ligne, un l’appelle : la photo d’un chemin, avec pour légende "Si tu me cherches, suis-moi." Le voilà parti à la poursuite d’une femme qui lui donne des signes, qui le met à l’épreuve, qui se dévoile par bribes sans jamais se montrer. Jusqu’à ce soir, à cette adresse : le jour et le lieu de leur Ultime rendez-vous.

Éclos en 2015, le premier "spectacle à domicile" de la Maison Éphémère fêtera en janvier sa centième. L’occasion pour la compagnie d’organiser un concours (lire ci-contre).

Sortir des institutions

"Cet objet n’a de sens que dans le salon des gens - ou un bar, ou une bibliothèque", relève Guy Theunissen - à qui il est arrivé de le jouer aussi dans un salon de coiffure ou une coopérative bio. Pour quinze personnes au minimum, une quarantaine tout au plus. "Et pour oreilles averties de 15 ans et plus", précise le comédien.


La nécessité dramaturgique - Ultime rendez-vous est écrit et mis en scène non seulement pour mais avec cette configuration, souplesse comprise - rejoint ce que Guy Theunissen appelle l’"objectif idéologique" du projet : "Échapper à la mainmise des 6 ou 7 personnes (allez, montons à 12) qui tiennent le secteur du théâtre entre leurs mains." Sortir des institutions, donc, ce à quoi s’emploie depuis quinze ans la Maison Éphémère avec notamment ses spectacles d’été (La Noce du fils en 2005, Folles funérailles ! en 2008, Moi je rumine des pensées sauvages en 2014…), mêlant professionnels et amateurs et s’inscrivant dans des lieux non conventionnels. Avec toujours l’envie de "rencontrer le public autrement" , et en particulier les personnes qui n’ont pas le théâtre pour habitude.

Ouvrir un espace de fantasme et de romantisme

"Ce projet est né du désir d’écrire un spectacle destiné à vagabonder hors des salles de spectacle, du plaisir d’inscrire l’histoire dans l’interstice entre la réalité et la fiction car, quand la fiction s’invite dans les salons privés, elle côtoie de si près le réel que le personnage peut se confondre avec les spectateurs", note Brigitte Baillieux, autrice et metteuse en scène d’Ultime rendez-vous. Sa démarche a été de "s’inspirer des femmes et écrire pour un homme, et plus parler d’amour dans les chaumières, ouvrir un espace de fantasme et de romantisme".

Ces mélanges, la compagnie les suscite et les cultive. Le récent et très réussi Eux sur la photo, créé en mai dernier dans le parc du domaine d’Hélécine (où est basée la Maison Éphémère), en est un autre exemple. Là aussi, pas de scène, et des spectateurs de plain-pied avec les acteurs.

Rencontrer tous les publics

Avec Ultime rendez-vous, en près de cent représentations, Guy Theunissen a rencontré tous les publics. "De la maison de maître, voire le petit château, avec dégustation de vins fins, jusqu’à la coloc d’étudiants, en passant par l’habitation sociale et l’anniversaire organisé pour les voisins." Le lieu et l’envie de l’hôte suffisent. La compagnie apporte la technique - légère mais précise, prise en charge par le créateur vidéo et lumière Stefano Serra. La magie de l’art vivant fait le reste. 

Guy Theunissen en personnage-narrateur d'"Ultime rendez-vous", ce soir-là à Welkenraedt.
Guy Theunissen en personnage-narrateur d'"Ultime rendez-vous", ce soir-là à Welkenraedt. ©Maison Éphémère


La vie du spectacle n’a pas vocation à s’arrêter à cette centième annoncée, au contraire. Ultime rendez-vous se jouera d’ailleurs dans le Off d’Avignon l’été prochain, sous le petit chapiteau de Baladins du Miroir, installé sur l'île de la Barthelasse.

Et le succès de ce premier spectacle en appartement a poussé Brigitte Baillieux et Guy Theunissen à en imaginer un nouveau, avec le concours cette fois du scénariste Jérémie Bidet, et pour sujet "la numérisation du monde, le harcèlement technologique". Création prévue en février 2019.


  • La Maison Éphémère a édité "Ultime rendez-vous", livre d’art interactif contenant non seulement le texte de la pièce mais des illustrations et des codes QR permettant l’immersion dans l’histoire.



Faire de son salon le lieu de l’Ultime rendez-vous [Concours]

En janvier 2019, la Maison Éphémère jouera la centième d’Ultime rendez-vous. Et si cette représentation festive avait lieu chez vous ? 

Les conditions : être disponible le 11, le 12, le 18 ou le 19 janvier. Pouvoir accueillir entre 15 et 35 personnes (ami.e.s, voisin.e.s, connaissances, famille…). Tarif : 15 €/personne, gratuité pour les hôtes. 

Le bonus : "Nous venons jouer la première des cent prochaines représentations dans votre salon." En présence de Brigitte Baillieux : une occasion unique de rencontrer l’autrice et metteuse en scène. Et champagne pour conclure ! 

Comment participer ? Envoyer un courriel à compagnie@maisonephemere.be avec pour objet : "Concours - un 100e Ultime rendez-vous chez moi". Indiquer vos coordonnées et la date favorite parmi les quatre prévues. Tirage au sort le mercredi 6 décembre. Le/la gagnant.e sera annoncé.e sur maisonephemere.be et contacté.e par la compagnie via e-mail.



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