L'art toujours vivant, la santé avant tout: le Rideau et les nouvelles mesures anti-Covid

Cathy Min Jung, directrice du Rideau de Bruxelles, persiste dans l'extrême prudence et déplore l'incohérence d'un discours qui laisse encore place au doute.

L'art toujours vivant, la santé avant tout: le Rideau et les nouvelles mesures anti-Covid
©Beata Szparagowska

À quelques jours de la première de Muzungu, de Vincent Marganne et Serge Demoulin, le Rideau de Bruxelles fait ses comptes. La salle de 160 places, dont la jauge était réduite de moitié depuis la rentrée, ne pourra plus accueillir que 49 personnes. Pour respecter le mètre cinquante de distance, trois sièges sépareront les bulles, placées en quinconce, détaille Cathy Min Jung.

Pour la nouvelle directrice du Rideau, "la situation sanitaire est vraiment grave, on ne peut pas ne pas l'entendre. L'extrême prudence est de mise. On pare au plus pressé."

Sauver les meubles

Les théâtres ont, ces jours derniers en particulier, travaillé d'arrache-pied avec les membres du gouvernement, à leur détailler les protocoles existants et les mesures prises par chaque lieu, tiraillé entre la joie de jouer, et la "réelle conscience de la gravité de la situation". Les nouvelles mesures annoncées vendredi ne sont "pas hyper cohérentes avec la situation du covid, avec les foyers de contamination dont aucun n'a été recensé dans les théâtres, et avec la vigilance accrue dont nous avons tous fait preuve. Ce résultat n'est pas pris en considération", déplore notre interlocutrice. "On se retrouve à essayer de sauver les meubles, sans temps ni moyens pour organiser autre chose."

Dans le public, qu'elle sentait "chaleureux et heureux de revenir au théâtre" à la rentrée, "la chaleur en a pris un coup. La peur est plus présente, légitimement. Même au sein des équipes du Rideau, il faut prendre en considération l'inquiétude. C'est difficile moralement, psychologiquement parlant", alors que le télétravail s'est à nouveau imposé.

"La responsabilité du choix repose sur les épaules du citoyen. Or l'incohérence des informations que l'on reçoit, des injonctions, fait que, pour beaucoup, il est toujours permis de douter", pointe Cathy Min Jung. 

Des mesures entières pour rebondir de façon claire

Son premier souhait, à présent, est que "les mesures – dans tous les domaines, pas seulement la culture – portent leurs fruits et permettent de stabiliser la courbe". Si la situation s'aggrave, elle préfère "une décision nette et rapide, des mesures entières et radicales, qui permettront de rebondir de façon claire, et que des aides suivent".

Les pouvoirs subsidiants ont, à ce stade, prévu une compensation des pertes de billetterie. "Mais nous savons bien que l'art vivant ne repose pas que sur la billetterie. C'est un ensemble de paramètres humains, mouvants, inquantifiables, qui font alchimie." L'heure n'est pas à "se plaindre pour réclamer notre part du steak", appuie la directrice du Rideau. Ici et maintenant, "la santé prévaut"

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