“Larguez les amarres”, une rafraîchissante comédie

Marie-Paule Kumps crée un joyeux imbroglio autour de la révélation d’un secret de famille.

C'est très ému que David Michels, directeur du Théâtre royal des Galeries, a salué et retrouvé, mercredi soir, le public, après un an de fermeture. "Vous nous avez tellement manqué", a-t-il déclaré juste avant que l'épais rideau de velours rouge ne se lève sur le spectacle d'ouverture de la saison 2021-2022 : Larguez les amarres, une création de et avec Marie-Paule Kumps, mise en scène par Pietro Pizzuti.

Isabelle (Marie-Paule Kumps), une magnifique quinquagénaire, mène une vie heureuse et paisible : elle habite dans un appartement spacieux à la déco design et épurée – on doit le très beau décor à Francesco Deleo – avec son époux Vincent (Marc De Roy), dont elle partage la vie depuis bientôt 30 ans. Ensemble, ils ont un fils, Alex (Antoine Cogniaux), étudiant qui vit en colocation. Ce matin-là, Isabelle déjeune tranquillement tandis que Vincent boucle ses bagages avant de s'envoler pour deux semaines à Abou Dabi pour son travail. Puis s'enchaîne le train-train du quotidien : déposer la voiture à l'entretien, préparer une soirée entre copines… Mais, voilà que, paf !, sa sœur Louise (Catherine Claeys) arrive sans crier gare : "Isa, je dois te parler d'un truc. C'est lié à toi et maman(Nicole Valberg)…" Le choc ! Une fois seule, "je suis au cœur d'un secret de famille, se désole-t-elle, totalement désemparée. Je suis une victime".

Pour couronner le tout, elle voit débarquer un vieil ami, Dan (Pierre Pigeolet), extravagant metteur en scène revenu tout droit des États-Unis où il a fait carrière, ainsi que son fils, qui a cédé sa chambre à la colocation pour héberger des réfugiés. Prise dans le tourbillon de tous ces “imprévus”, Isabelle va devoir accuser le coup et tenter de retrouver qui elle est.

Une catharsis

Rafraîchissante comédie, Larguez les amarres s'avère toutefois plus que du théâtre de boulevard au sens strict du terme. Comme Marie-Paule Kumps l'a confié il y a peu à La Libre, cette pièce, sans être autobiographique, trouve son fondement dans la révélation d'un secret de famille qui l'a "beaucoup touchée". Cette émotion s'inscrit comme le fil rouge de la pièce tandis qu'elle affleure plus directement dans quelques scènes où, comme une catharsis, Isabelle s'interroge, dans un dialogue tout en clair-obscur avec son mari, sur ses racines, son identité, leur amour, etc. À cette émotion viennent habilement se greffer tous les ressorts d'une comédie : incompréhensions, invraisemblances, dialogues de sourd, quiproquos, cabrioles,… interprétés par une excellente brochette de comédiens, dont on ressent l'immense plaisir à partager la scène et retrouver les spectateurs.

--> Bruxelles, Théâtre des Galeries, jusqu’au 3 octobre. Infos et rés. au 02.512.04.07 ou sur www.trg.be