Des “Chevaliers de la Table Ronde” grandioses et totalement déjantés

Décors, costumes, combats, humour, amour… Thierry Debroux offre un incroyable spectacle épique. Au Théâtre du Parc.

Karen De Paduwa et Othmane Moumen sont la Fée Viviane et le magicien Merlin, un duo drôle et atypique.
©Zvonock

Après le Théâtre royal des Galeries, c'est le Théâtre royal du Parc qui a lancé, jeudi soir, sa nouvelle saison. "Merci d'être là ! Quel bonheur !", s'est enthousiasmé son directeur Thierry Debroux devant un public heureux de retrouver l'ambiance feutrée des sièges de velours rouge, dont il a été privé pendant un an. "Il y a vingt comédiens qui attendent impatiemment derrière le rideau ! Bon spectacle."

Et quel spectacle ! Dès les premières notes de musique et le lever du rideau, Les Chevaliers de la Table Ronde démarrent en force avec une impressionnante scène de combats d'épées : le roi Pendragon est mort ; il faut un successeur pour régner sur les terres de Bretagne. Mais qui ? "Seul celui qui a le cœur pur réussira à retirer (l'épée) Excalibur de son fourreau de pierre", prédit le magicien Merlin. Moqué et mis au défi par Méléagant, c'est le jeune Arthur, fils adoptif d'Ectorius, qui s'essaie à délivrer Excalibur et qui, contre toute attente, y parvient. Dans le même temps, fées, elfes, dryades, druides… disparaissent à mesure que le christianisme s'impose ; les chevaliers partent à la conquête du Graal et les guerres de territoires font rage tandis que le peuple aspire à la paix.

Modernité et humour

Après L'Odyssée, Les Trois Mousquetaires, L'île au trésor et Cyrano, Thierry Debroux, qui "adore l'action", s'est donc emparé d'un autre monument de la littérature épique, celui des légendes arthuriennes. Et, clairement, il s'est une nouvelle fois plu à revisiter cette histoire mythique en y insufflant une sacrée dose de modernité – les femmes sortent de leur rôle de potiche et imposent leurs convictions –, doublée d'humour, d'auto-dérision et d'anachronismes.

Mais une histoire, aussi bonne soit-elle, ne peut vivre sur un plateau que si elle est interprétée à sa juste valeur. Thierry Debroux s’est donc, à nouveau, entouré d’une formidable troupe, composée de comédiens avec lesquels il a déjà travaillé ainsi que de nouveaux talents. Le public a ainsi pu retrouver l’un de ses interprètes fétiches : Othmane Moumen en fabuleux Merlin, filou et facétieux. Et découvrir Denis Carpentier, en roi Arthur un peu gauche. Si l’ensemble des personnages sont particulièrement truculents – Perceval (Julien Besure), Lancelot du Lac (Cédric Cerbara), Lucifer (Jean-François Rossion), la Fée Morgane (Laurence d’Amelio), Guenièvre (Sarah Dupré), Méléagant (Laurent Bonnet)… –, on dédiera une mention spéciale à l’inséparable duo Merlin (Othmane Moumen)/Viviane (Karen De Paduwa), aux caractères bien trempés et à l’attachante complicité.

Tatouages et acrobaties

Outre le jeu des comédiens, la magie opère grâce à une scénographie grandiose. Des splendides décors aux riches costumes (que l’on doit à Ronald Beurms et Orélie Weber) en passant par les maquillages, les coiffures (Florence Jasselette) et tatouages (Orane Damsin) ainsi que le mapping scénique (Allan Beurms), les lumières (Noé Francq), le son (Loïc Magotteaux) et les effets magie (Jack Cooper), rien n’a été omis pour parfaire l’ambiance d’un monde féerique. Enfin, le clou du spectacle revient aux incroyables combats d’épées et acrobaties, chorégraphiés par Jacques Cappelle et Émilie Guillaume. Un spectacle haut en couleur qui ne peut qu’émerveiller petits (dès 8 ans) et grands !

--> Bruxelles, Le Parc, jusqu’au 23 octobre. Infos et rés. au 02.505.30.30 ou sur www.theatreduparc.be