Il était une (nouvelle) fois “Cendrillon ce macho !”

Version 3.0 de la pièce culte de Sébastien Ministru, pour un divertissement socio-politique haut en couleur. Au TTO.

"Cendrillon ce macho !" avec, entre autres, Emmanuel Dell’Erba et deux drag queens.
"Cendrillon ce macho !" avec, entre autres, Emmanuel Dell’Erba et deux drag queens. ©Vivien Ghiron

Créé au Théâtre de la Toison d'Or (TTO) en 2008 par Sébastien Ministru, Cendrillon ce macho ! fait un véritable carton : la pièce est jouée 135 fois ! Treize ans plus tard, ce best-seller revient dans une version remise au goût du jour (nouveaux comédiens, nouvelles chorégraphies, etc.). Comme les contes traversent les âges, la très libre adaptation de Perrault par Ministru n'a pas pris une ride. Et pour cause, en 2008, avec sa plume franche, acidulée, un brin provocatrice et graveleuse, il décochait déjà quelques flèches à juste portée socio-politique, dénonçant le diktat des genres et le manque de tolérance à l'égard des homosexuels. Force est de constater qu'aujourd'hui, malgré certaines avancées, l'essence de son texte conserve toute sa vitalité.

Un Prince et un Cendrillon gay

L'histoire ? Dans un petit royaume, un Prince coquet et fleur bleue (Antoine Guillaume, toujours aussi impeccable qu'en 2008) organise un bal populaire pour trouver chaussure à son pied. Il peut compter sur son excentrique styliste, Oliver (Jean-François Breuer, pincé et maniéré à souhait comme en 2008) pour se préparer. Mais, voilà, le Prince est gay. Et il n'a pas encore osé faire son coming-out. Dans le secret, son assistante un chouia coincée, Marie-France (excellente Catherine Decrolier) convie Cendrillon, un charmant et sexy vendeur d'olives, également homosexuel (Jérémie Zagba tout en retenue, qui succède à Frédéric Nyssen). C'est grâce à sa Marraine, loufoque et imbibée H 24 (Ingrid Heiderscheidt, relais de Laurence Bibo), qui lui "prête sa bagnole jusque minuit", que Cendrillon peut se rendre au bal. Et ce, au grand dam de sa "méchante" belle-mère (épatant Emmanuel Dell'Erba en cuir et cuissardes vernies à talons, qui remplace Serge Morel alias "Maman" du célèbre cabaret transformiste) flanquée de ses nigaudes de filles, interprétées par deux formidables drag queens (Cyriel Lucas et Adrien De Biasi). Ce qui devait arriver arrive : le Prince et Cendrillon tombent amoureux. Mais comment le roi et ses habitants vont-ils réagir ?

Toujours orchestré par Nathalie Uffner, Cendrillon ce macho ! 3.0 demeure, entre théâtre et cabaret, un incontournable divertissement haut en couleur. De la playlist (Julien Doré, George Michael, Britney Spears…) aux chorégraphies enjouées (signées Jérôme Louis) en passant par les costumes flashy et fantaisistes de Didier Vervaeren, les perruques, les maquillages…, on s'amuse, on rit, on chante, on se dandine sur son siège. Et, le rideau baissé, on se dit qu'on prolongerait bien ce goût de fête dans l'un des cabarets de la capitale.

--> Bruxelles, TTO, jusqu’au 31 décembre. Infos et rés. au 02.510.05.10 ou sur www.ttotheatre.com

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