“La Revue” des Galeries, une piqûre de bonne humeur

La pandémie y est joyeusement déclinée en sketches, danses et chansons.

Le directeur du Théâtre royal des Galeries, David Michels, l'avait fermement promis à l'issue du dernier Comité de concertation (Codeco) : "Nous allons nous adapter tous les jours, mais nous n'allons pas fermer !" Annulée l'hiver dernier en raison de la pandémie, La Revue des Galeries venait, en effet, à peine de démarrer lorsque les autorités du pays ont décidé de durcir les mesures sanitaires en limitant arbitrairement les jauges à 200 spectateurs.

Yves Van Laethem, Di Rupo, GLB…

Jeudi soir, les rangées rassemblant les 900 sièges de velours rouge du Théâtre des Galeries étaient donc clairsemées. Pas de quoi toutefois entamer l'enthousiasme du public, ravi de retrouver le spectacle phare des fêtes de fin d'année. Un public que la troupe de La Revue a chaleureusement applaudi et remercié dès le lever du rideau pour son soutien et sa fidélité en ces temps douloureux pour les artistes et techniciens. L'émotion était d'autant plus forte que comédiens et spectateurs vivent, en ce moment-même, les conséquences désastreuses des nouvelles restrictions.

Spectacle intrinsèquement lié à l'actualité, La Revue ne pouvait, évidemment, faire l'impasse sur la pandémie. C'est d'ailleurs Yves Van Laethem, expert à la désormais célèbre mèche de cheveux plaquée sur le crâne, qui ouvre le bal avec un Codeco mené tambours battants par un Alexander De Croo roulant mémorablement ses "rrrrr" tandis qu'Elio Di Rupo est "sur les rotules" (clin d'oeil à la récente chute du ministre-président wallon qui s'est fracturé la rotule) et que GLB (entendez Georges-Louis Bouchez) se pavane en se regardant le nombril.

Codeco, confinement, saga des masques et des vaccins, hommage aux soignants, Netflix…, l'épidémie de Covid 19 est joyeusement passée à la moulinette en sketches, chansons et danses. Mention spéciale d'ailleurs au tableau chanté et dansé Tu kiffes ta life, dans lequel Gauthier Bourgois et Arnaud Van Parys dénoncent sur Gangsta's Paradise de Coolio le sort réservé à nos aînés. Un texte piquant et empreint d'humanité.

Si l'actualité a été marquée au fer rouge par le coronavirus, elle a aussi été bousculée par d'autres événements comme la polémique autour des statues de Léopold II, les inondations ou encore la disparition de plusieurs artistes (Guy Bedos, Annie Cordy, Christophe, Sean Connery, Belmondo…). Cela La Revue ne manque pas de l'évoquer, entre humour et bienveillance. Puis La Revue ne serait pas La Revue sans le professeur Colla (excellent Bernard Lefrancq) qui, cette fois, épingle l'absurdité de certains aménagements cyclables. Truculent !

Des artistes généreux et enjoués

Avec Alexis Goslain à la barre depuis 2018, un vent frais salutaire souffle sur La Revue. Sans dénaturer ce spectacle qui se veut avant tout festif, drôle et pétillant grâce à une troupe d'artistes généreux et enjoués (emmenés cette année par l'humoriste Bénédicte Philippon), le metteur en scène parvient à dynamiser l'ensemble en resserrant les enchaînements, en misant sur les chorégraphies et chansons, et en usant de multiples effets lumineux. Voilà donc, en ces temps moroses, une piqûre de bonne humeur bienvenue.

--> Bruxelles, Les Galeries, jusqu’au 23 janvier. Infos et rés. au 02.512.04.07 ou sur www.trg.be