Qui est Éric Ruf, celui qui a donné un second souffle à la Comédie-Française ?

Éric Ruf a insufflé un vent nouveau à "la maison de Molière", qu’il dirige depuis 2014.

Qui est Éric Ruf, celui qui a donné un second souffle à la Comédie-Française ?
©AFP
AFP

Il a ouvert la Comédie-Française à l’international, encouragé une nouvelle génération de metteuses en scène et embauché des talents issus de la diversité : l’administrateur Éric Ruf a insufflé un vent nouveau à "la maison de Molière".

"Il faut faire et non pas dire" : l'homme de 52 ans, en poste depuis 2014, aime bien citer Molière, assis dans son bureau où est accroché un portrait de Jean-Baptiste Poquelin.

Pour cet enfant du sérail entré dans la vénérable troupe à 23 ans, attirer les grands metteurs en scène étrangers n'a pas été chose aisée. En 2016, il fait revenir la troupe au Festival d'Avignon après 23 ans d'absence, pour un spectacle choc : Les Damnés, adapté du film de Visconti sur la chute d'une famille à l'époque des nazis, dans une mise en scène glaçante du Belge Ivo van Hove. Ivo van Hove qui a signé ce 15 janvier sa troisième production pour le "Français" à l'occasion du 400e anniversaire de Molière, Tartuffe ou l'Hypocrite, soit la version originale, et censurée.

Éric Ruf a réussi également à attirer Thomas Ostermeier, le plus international des metteurs en scène allemands.

Loin de l'image "de la dernière forteresse du théâtre classique", il confie admirer "la jeunesse et la fraîcheur d'esprit" des comédiens.

Éric Ruf, qui est aussi metteur en scène, décorateur et scénographe, rappelle que "Molière présidait aux destinées économiques de son théâtre, s'arrangeait avec la tutelle royale de l'époque, avec les mécènes, dirigeait les acteurs et jouait…".

L’administrateur a su s’adapter aux temps difficiles de la pandémie avec le lancement dès le premier confinement d’une "webtélé".

Ces dernières années, Éric Ruf a embauché des comédiens issus de la diversité : Gaël Kamilindi (2017), Birane Ba (2019), et Séphora Pondi et Claïna Clavaron en 2021. "Je m'en fous de leur couleur de peau […] Les acteurs qui entrent dans cette maison sont choisis pour leur talent", dit-il, tout en reconnaissant le "retard par rapport aux Anglo-saxons" et qu'une avancée est "nécessaire". "On reçoit des scolaires et cette population est plus diversifiée que le public fidélisé […] si ce répertoire est porté aussi par des gens qui leur ressemblent, c'est important", dit-il. (D'après AFP)

Sur le même sujet