Avec "Coiffeuse d’âmes", vous ne verrez plus la mort de la même façon

Valériane De Maerteleire et Thierry Debroux signent une jolie comédie pour un trio de dames.

Petra Urbányi, Anouchka Vingtier et Cindy Besson.
Petra Urbányi, Anouchka Vingtier et Cindy Besson. ©Gaël Maleux

Tout affairée à ses préparatifs de Noël, Éléonore (Anouchka Vingtier) débarque un peu par hasard dans le salon de coiffure de Nuwu (Petra Urbányi). Elle n'a pas pris rendez-vous, mais a juste besoin d'"un petit brushing" et de "rafraîchir les pointes" : elle dîne avec son "ami" François ce soir. Étrangement, en ce 24 décembre, il n'y a pas foule au salon. Et la propriétaire, avec son air désinvolte et son style rétro, a bien de quoi décontenancer sa nouvelle cliente. Puis, il y a ce vieux poste de radio qui diffuse en boucle Billie Holiday, ce qui agace Éléonore.

C’est alors qu’entre Claire (Cindy Besson). Elle aussi voudrait passer sous les ciseaux experts de Nuwu, mais, non, car elle n’est pas inscrite sur le registre des rendez-vous. Éléonore, en revanche, oui. Bizarre ! Elle ne se souvient pas avoir contacté le salon de coiffure.

Un plan B

Il y a un an, c'était encore le temps des jauges réduites et du port du masque obligatoire dans les salles de spectacle pour cause d'épidémie de Covid. En cette période terriblement incertaine, le directeur du Théâtre royal du Parc, Thierry Debroux, imagine un plan B : un spectacle court qui pourrait se jouer deux fois par soirée. Il propose alors à l'autrice Valériane De Maerteleire de rédiger à quatre mains une pièce pour trois comédiennes, Coiffeuse d'âmes, et à Daphné D'Heur de la mettre en scène.

Complicité sur scène

Secouée par les caprices du coronavirus en première partie de l’année, la saison 2021-2022 du Parc se termine en douceur avec cette jolie comédie au féminin, qui pourrait bien s’apparenter à un conte de Noël. On ne rit pas à s’en décrocher la mâchoire – tel n’est pas le but poursuivi d’ailleurs –, mais on sourit généreusement en voyant ces trois femmes se battre avec leur destin. Happées par la mort, Éléonore et Claire sont, en fait, confiées à Nuwu, la coiffeuse d’âmes, qui a pour mission de les guider vers un après. L’occasion pour elles de regarder leur vie dans le rétro, tirer les leçons du passé et s’interroger sur le sens de l’existence.

La complicité entre les trois comédiennes soude ce récit bien écrit aux accents parfois loufoques tout autant qu’elle leur permet de s’affirmer et de se libérer dans leur rôle respectif. Triangulaire, la mise en scène de Daphné D’Heur offre au spectateur rythme et repères visuels, dans un décor aux contours simples mais beaux.

--> Bruxelles, Parc, jusqu’au 19 juin. Infos et rés. au 02.505.30.30 ou sur www.theatreduparc.be