“‘Le canard à l’orange’ est devenu la quintessence du théâtre de boulevard français”

Remontée à Paris par Nicolas Briançon, la pièce de William Douglas Home arrive à Bruxelles avec une nouvelle distribution.

Le Français Nicolas Briançon remonte “Le canard à l’orange” au Public avec un nouveau décor et de nouveaux costumes.
Le Français Nicolas Briançon remonte “Le canard à l’orange” au Public avec un nouveau décor et de nouveaux costumes. ©Gaétan Bergez

Immense succès dès sa recréation en 2018 au Festival d'Anjou puis en 2019 au théâtre de la Michodière à Paris avec pas moins de sept nominations aux Molières 2019, le vaudeville Le canard à l'orange du Britannique William Douglas Home (1967) sera mitonné sur les planches du Théâtre Le Public dès ce mardi 1er novembre.

À la barre de cette aventure ? Le comédien et metteur en scène français Nicolas Briançon. "Au départ de ce projet, c'est vraiment une affaire de copains, raconte-t-il. En discutant avec des acteurs qui sont des amis très proches, Anne Charrier et François Vincentelli, on s'est dit que ça faisait longtemps qu'on n'avait pas travaillé ensemble. À ce moment-là, je terminais de diriger le festival d'Anjou. Je devais encore présenter une création l'été suivant et je me suis dit que ce serait sympa de faire quelque chose avec les copains". Rentré chez lui, il tombe, par hasard, dans sa bibliothèque sur le texte Le canard à l'orange. "Je l'ai relu et ça m'a semblé parfait, car il y avait un rôle pour tout le monde. Puis ça me paraissait assez drôle." Deux, trois jours plus tard, il organise une lecture chez lui, "de manière informelle, autour d'un thé". "Et on a tellement ri qu'on s'est dit qu'on allait le faire."

D'Angers à Paris, le spectacle "a marché du premier au dernier jour", se réjouit Nicolas Briançon. "Mais c'est toujours difficile d'expliquer un succès, analyse-t-il. Pour les échecs, on a toujours des tas d'explications, mais les succès, franchement, je pense qu'ils nous dépassent. En tout cas, ici, je pense que c'est une très bonne pièce, avec une magnifique distribution et qu'on s'est beaucoup amusé en travaillant".

“C’est le mari cocu qui tient les rênes de la pièce”

Traduite de l'anglais en français par le dramaturge Marc-Gilbert Sauvajon, la pièce a été "beaucoup retouchée" dans les années 70 par le metteur en scène Pierre Mondy et le comédien Jean Poiret, "qui ont marqué la création de cette pièce en France et en ont fait le succès", rappelle Nicolas Briançon. "D'ailleurs, c'est une pièce éminemment anglaise, mais pour les Français, elle est devenue la quintessence du boulevard français." Et d'observer : "La magie de cette pièce repose sur la rigueur de sa construction dramaturgique, avec de vrais personnages qui ont tous du fond. Et, à partir de là, il y a une efficacité de situations, d'entrées et de sorties, parfois de portes qui claquent autour du trio le mari - la femme - l'amant, sauf qu'ici la situation est totalement inversée puisque c'est le mari cocu qui tient toutes les rênes de la pièce".

Aujourd'hui, le spectacle prend un nouveau souffle puisqu'il sera joué à Bruxelles, avec une nouvelle distribution (toujours sous la direction de Nicolas Briançon), un nouveau décor et de nouveaux costumes. En filigrane de ce nouveau chapitre ? "L'amitié, toujours, car je suis assez copain avec Charlie Dupont et Tania Garbarski, reprend le metteur en scène. Ils sont venus voir le spectacle à Paris, l'ont beaucoup aimé et ont ensuite emmené Michel Kacenelenbogen (directeur du Public, NdlR). Il m'a alors proposé de remonter la pièce à Bruxelles avec eux et j'ai dit 'Banco !' C'était pour moi une continuité de faire ça dans un cadre amical". Puis, "ça m'a fait du bien, car j'ai mis en scène cette pièce tout en jouant dedans (il tenait le rôle du mari trompé, aujourd'hui interprété par Michel Kacenelenbogen, NdlR), donc je n'ai jamais eu un regard extérieur permanent. Du coup, là, je découvre des choses de la pièce et c'est très joyeux".

--> Bruxelles, Le Public, du 1er novembre au 9 décembre ainsi que le 31 décembre. Infos et rés. au 02.724.24.44 ou surwww.theatrelepublic.be