Les Belges seront bien sûr à Avignon cet été. Peu dans le « In » (Guy Cassiers et Serge-Aimé Coulibaly) mais en force dans le « Off » et d’abord au théâtre des Doms vitrine incontournable de la création belge francophone (La Libre du 22 février).

Les théâtres et compagnies ne peuvent pas tous aller au Doms et vont alors à la Manufacture ou louent cher des salles dans la Cité des Papes.

Dans ce cadre, une initiative innovante voit le jour. Le Théâtre de Poche et le Théâtre de l’Ancre (un Bruxellois et un Wallon) se mettent ensemble pour louer (87000 euros de frais total) en juillet à Avignon une tente ronde, un dôme géodésique de 16 m de diamètre en forme d’igloo qui sera placé dans une cour du Collège de La Salle, haut lieu du off : cent places, air conditionné, scène de 8 m sur 6 m.

Appelé « Eldoradôme », on y présentera chaque jour, du 8 au 28 juillet, 7 spectacles, d’abord choisis dans leurs (co)productions comme « La convivialité » sur l’orthographe et « On the road again ».

Ce dôme appartient à la Compagnie française des mélangeurs qui y présentera elle-même chaque soir un théâtre musical, « les Kischs ».

Cette initiative ne veut pas concurrencer les Doms. Un des spectacles vedettes de la saison au Poche et à l’Ancre sera d’ailleurs donné en parallèle aux Doms : « La vedette du quartier » de Riton Liebman. Il s’agit plutôt d’ajouter un lieu « belge ». Si l’expérience est concluante, il pourrait s’ouvrir les années suivantes à d’autres Belges. Un exemple de la mutualisation des moyens réclamée par la ministre de la Culture Alda Greoli et une manière de diminuer les coûts exorbitants de location de salles à Avignon.

La convivialité

Les deux théâtres et leurs directeurs (Olivier Blin et Jean-Michel Van den Eeyden) se sont découverts bien des affinités autour d’un « certain regard sur le monde, singulier, sensible et progressiste ». Ils veulent faire de l’Eldoradôme aussi un lieu de « convivialité où l’on pourra dialoguer avec les artistes, faire parfois la fête et même danser sur les tables ».

Les deux théâtres évoquent d’autres projets communs possibles : un festival de théâtre de témoignage, l’intégrale « Liebman et sa thérapie comique », une mise en commun d’outils pour pénétrer les marchés internationaux.

A l’Eldoradôme on reverra avec plaisir, « La convivialité » qui devrait faire un tabac en France, toujours aussi chatouilleuse sur l’orthographe : une conférence ludique, jubilatoire, instructive, interactive menée par deux professeurs reconvertis en acteurs, Arnaud Hoedt et Jérôme Piron. Les compères nous expliquent les bizarreries de l’orthographe. Curieusement, on ne nous a jamais expliqué les raisons de tant de règles et d’exceptions.

On y donnera aussi « On the road » créé au Poche, un seul en scène de Roda Fawaz « tendre et hilarant, fin, étincelant » écrivait Marie Baudet..

L’Ancre y créera « La route du Levant », mis en scène par Jean-Michel Van den Eeyden : deux hommes dans un commissariat de banlieue, l’un est policier, l’autre est soupçonné de vouloir rejoindre un groupe terroriste Commence alors un interrogatoire tendu, à la manière d’un jeu d’échecs, chacun tentant de donner le change pour déstabiliser l’autre.