Place aux "Corps en mouvements, corps émouvants". 

Toujours international, toujours festif, toujours bucolique, toujours très fréquenté, le Festival des arts de la rue de Chassepierre déploiera les 17 et 18 août sa 46e édition.

L’affiche 2019, avec sa silhouette de dos, laisse ouvert le champ des interprétations : théâtre, danse, jonglerie ? Sous la bannière Corps en mouvements, corps émouvants, il s’agit de "transporter le corps et l’esprit des spectateurs", indique Charlotte Charles-Heep.

Compagnies en résidence

Nommée en septembre 2014, la jeune directrice a bientôt souhaité imprimer au festival une ampleur nouvelle. Non tant en nombre de visiteurs (ils sont 25 à 30 000, chaque été, à rejoindre le village gaumais pour ce remuant week-end d’août) qu’en développement, en amont et en aval, "ce qui répond à une demande double, artistique et territoriale".

C’est ainsi que, depuis quatre ans et notamment l’acquisition par l’ASBL Fête des artistes (le nom originel du Festival international des arts de la rue de Chassepierre) d’un hangar agricole dans le village, des compagnies sont accueillies en résidence. Elles y travaillent leur création à venir, se prêtent à des rencontres pédagogiques, présentent une étape de création en public. Puis, fortes de cette expérience, des retours qu’elles ont glanés, poursuivent leur travail dans d’autres lieux pour, le plus souvent, venir présenter l’opus terminé au festival.

C’est le cas, cette année, de la Cie Off Road, avec l’installation-concert Orivolution, du projet The Recycling Tape Factory light de Daddy K7, et de Ce qui nous lie, création numérique à base d’élastiques musicaux par Stéphanie Laforce. Quant à la Cie Scratch, son solo de jonglage Mousse sera à découvrir lors de l’édition 2020.

Venues de Belgique (AkroPercu, Be Flat, Contes d’Asphaldt…), de France (Rhizome - Chloé Moglia, la Dépliante, Petits Détournements, Bruiquicourt…), d’Espagne (Leandre, HURyCan…), de Tchéquie (Bratri v Tricku), de Suisse (Joshua Monten), des Pays-Bas (Teatro Pavana), d’Allemagne (Jochen) et d’ailleurs, plus de 50 compagnies et 200 artistes vont émailler les rues, places, cours et prairies en ces deux jours mouvementés et émouvants.

L’âme vagabonde

Le développement du festival hors du festival - plus que quadragénaire -, c’est aussi, pour la troisième année de suite, la Marche des philosophes. Adapté d’un concept de théâtre itinérant de Stéphane Georis et Chantal Dejardin, le projet se poursuit.

Du 7 au 19 septembre, avec Bernard Massuir, ce rendez-vous en territoire rural et dans l’espace public s’adaptera, à nouveau, à chaque lieu (grange, salon, rue, salle…) du parcours, qui passe cette année par Lamorteau, Torgny, Sommethonne, Avioth, Villers-devant-Orval, Florenville, Lambermont, Chassepierre, Lacuisine, Chiny, Ansart, Fratin et Saint-Léger.

Simple, généreuse, ambitieuse aventure dont l’objectif est, pointe Charlotte Charles-Heep, "d’amener la culture vers le public qui n’ira pas forcément voir des spectacles, dans un esprit d’échange".

Mais avant cela, le festival se profile. Avec une appli mobile bien utile, car un minimum de préparation est vivement recommandé pour s’immerger au mieux parmi sa multiplicité de propositions. Quant à l’accès, il a été repensé et fortement amélioré, souligne la directrice, pour les personnes à mobilité réduite ou présentant des déficiences visuelles ou auditives. Afin que la fête soit celle de tous.

Chassepierre (Florenville), les 17 et 18 août. Village ouvert samedi et dimanche dès 11 h, spectacles à partir de 13 h et jusqu’à minuit environ. Infos, programme complet, prévente : 061.31.45.68, www.chassepierre.be