A l’aventure du théâtre. Mots, images, ré flexions

M.Ba. Publié le - Mis à jour le

Scènes

Sous-titré "De l’autre côté du théâtre belge", ce livre fraîchement paru est une initiative du Théâtre de la Place et sort dans la foulée d’Emulation Europe, le festival revenant pour cette édition - en cours jusqu’au 17 octobre, à Liège donc - sur une dizaine de pièces marquantes des dix dernières années (cf. "La Libre Culture" du 30 septembre). Par-delà les étiquettes d’"avant-garde" ou de "relève", il s’agit plutôt de se plonger, au gré de plumes diverses qui sont autant de regards, sur cette scène belge francophone qu’on a souvent considérée à l’intersection d’une tradition textuelle française et des formes novatrices du théâtre flamand.

Si l’on ne peut contester cette position particulière, et sans doute parfois inconfortable, les auteurs de "Jouer le jeu" mettent en lumière des univers scéniques aussi actuels que singuliers. "Chez les artistes présentés ici, note d’ailleurs dans son introduction Benoit Vreux, directeur de la publication, nous sommes loin des dramaturgies boulonnées, des jeux étriqués et conventionnels, des mises en place préfabriquées, des architectures scéniques réglées jusque dans les derniers détails."

Et en effet, il y a chez Patrick Corillon, Eve Bonfanti & Yves Hunstad, Armel Roussel, Claude Schmitz, Galin Stoev, Jean-Benoît Ugeux, Ingrid von Wantoch Rekowski, Transquinquennal, le Groupe Toc, Zouzou Leyens, Françoise Berlanger et Anne-Cécile Vandalem - artistes et compagnies dont les créations émaillent ce livre - quelque chose d’une incertitude, un sens du danger en même temps que de la construction. Après "Mouvements d’une histoire", où Nancy Delhalle remet en perspective ces nouvelles identités théâtrales, on pénètre dans un corps pluriel, fragmenté : ce à quoi, vu du point P et au moment M, ressemble le paysage scénique d’ici et d’aujourd’hui.

"Depuis plusieurs jours, écrit Christine Aventin, l’un des auteurs (aux côtés de Daniel Pennac, Antoine Pickels, Vincent Lecuyer, Daniel Loayza ou Luc Malghem, entre autres), je tente, en vue de rédiger cet article, de rassembler mes esprits, et je réalise que le théâtre d’Anne-Cécile Vandalem a la joyeuse faculté de les disperser." Voilà peut-être, au milieu de leur diversité, le point qui relie tous ces créateurs. Une propension à l’ouverture généreuse, nécessaire à l’artiste, salutaire du côté du spectateur. Celui-ci prendra plaisir aux pistes sur lesquelles l’emmène cet ouvrage riche d’informations, voire de souvenirs, et fertile en sens autant qu’en sensations.

M.Ba.

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