Après un premier spectacle, Guillermo Guiz a un bon fond, salué par le public et les critiques, l’humoriste et chroniqueur sur France Inter – Guy Verstraeten de son vrai nom – est pour un mois sur les planches du Théâtre de la Toison d’Or (TTO) avec un nouveau show tout frais tout chaud, Au suivant !.

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Si l’artiste s’est montré discret dans les médias sur le contenu de cette nouvelle création, il avait toutefois confié récemment à La Libre qu’Au suivant ! serait “plus personnel, plus intime, à l’os”. Et de fait.

Avec son débit au marteau piq’ et sa diction un brin brouillonne, qui font sa singularité, Guillermo Guiz balance vanne sur vanne. C’est qu’il faut être au taquet avec le gaillard : un éclat de rire un peu trop prononcé et, hop, on loupe la blague sur laquelle il a enchaîné. Mais qu’importe, la suivante est déjà là. D’entrée de jeu, sur fond d’Au suivant ! de Jacques Brel, Guillermo Guiz évoque son père, avant de revenir sur son premier show, auquel a assisté rien moins que… l’acteur Vincent Cassel. Lequel l’a d’ailleurs convié à le rejoindre pour des vacances à Biarritz, avec, en prime, au détour d’une conversation, cette question : “Tu veux des enfants ?” Aïe ! Lui qui a “peur du long terme”. Mais il tient le thème de son spectacle : la transmission – “qu’est-ce que tu laisses et qu’est-ce que tu gardes de ton éducation ?”.

“Il me reste des traumas de l’enfance”

Pendant près d’1h40, l’humoriste balade son public d’un sujet à l’autre – la grossesse, les pères célibataires, l’alcool(isme), le consentement, la religion, la pédophilie, l’inceste, les femmes, l’amour, le sexe, l’école, l’immigration,… –, mais en rebondissant toujours habilement et intelligemment sur sa thématique de départ, guidée par un fil rouge : son père, André Verstraeten. Ket d’Anderlecht, Guy Verstraeten a “été élevé seul par un père célibataire”. Sa mère, alcoolique, est décédée jeune. “Ma mère était alcoolique, mais mon père, il buvait… J’ai vu des choses qui auraient dû me dégoûter de l’alcool… Mais, non, ça va !” Un spectacle “plus intime, à l’os”, nous disait-il… En filigrane de son humour vif, piquant, nerveux, où il n’hésite pas à se moquer de lui-même et de ses déboires, Guillermo Guiz laisse, ici, affleurer ses souvenirs, ses blessures, ses failles d’enfant, d’ado, d’adulte. “Il me reste des traumas de l’enfance”, glisse-t-il entre deux blagues.

Humble, touchant et irrésistiblement drôle, le trentenaire (il a 38 ans), “de la génération entre Les Années Bonheur de Patrick Sébastien et Konbini”, démontre, ici, que l’humour, s’il peut être une catharsis, est aussi et surtout un art lorsqu’il est entre de bonnes mains.

Bruxelles, Théâtre de la Toison d’Or, jusqu’au 29 février. Puis au Théâtre Molière (Ixelles), du 22 au 26 juin. Infos et rés. au 02.510.05.10 et sur www.ttotheatre.be