Vincent Baudriller et Hortense Archambault quittent, fin juillet, la direction du Festival, deux ans avant terme, par la décision du ministre Frédéric Mitterrand qui voulait recaser à Avignon Olivier Py qu’il avait évincé du théâtre de l’Odéon. 

Olivier Py reste discret sur ses intentions et s’il est présent cette année à Avignon, c’est dans le "off" dans son récital de chanteur travesti (!), Miss Knife. 

Baudriller et Archambault partent contents de la FabricA. Ils peuvent l’être aussi de leur bilan. Nous avions longuement interrogé Baudriller début juin dans "La Libre", il nous disait : "Nous avons toujours continué d’ouvrir. Le piège aurait été de vouloir s’installer et d’oublier de nous questionner, de nous remettre en question, de questionner le théâtre. Travailler chaque année avec un artiste associé nous a permis de voir, chaque fois, le théâtre depuis une autre fenêtre, de nous poser la question : ‘c’est quoi le théâtre’, alors que d’autres avaient tant de certitudes et d’assurance qu’ils ne s’interrogeaient plus." 

A "Libé", Archambault disait : "A Avignon, les gens ont envie d’être étonnés, questionnés aussi bien dans leur vie personnelle que sur le plan politique. Il nous semble que la démonstration a été faite en dix ans. Pour moi, Avignon n’est pas une vitrine, mais un laboratoire." 

 Dans leur éditorial au Festival, ils disent leur recherche "d’une parole poétique, mélancolique ou rageuse, qui lave du sentiment de malaise de plus en plus perceptible, qui rassure parce qu’on a reconnu quelque chose d’indicible en l’autre, qui permet de se sentir à nouveau vivant capable d’aimer, de gueuler et d’inventer la vie".