Très convoitée, la présence au Théâtre des Doms, vitrine de la Communauté Wallonie Bruxelles en Avignon, assure souvent aux compagnies sélectionnées une belle tournée supplémentaire. Autant dire que les candidatures abondent à la FWB et que les heureux élus se frottent les mains. D’autant que le rocher s’est taillé une solide réputation dans le Off. Et pas seulement en raison de sa bonne table ou de la fraîcheur de sa cour. La belgitude y a imprimé sa couleur à coups d’affiches, entre autres, très reconnaissables et radicalement différentes cette année. Signe extérieur de changement, celui d’une nouvelle direction en la personne d’Alain Cofino Gomez (lire notre portrait en home page).

Très importante pour les Belges, cette septantième édition sera marquée, rappelons-le, par une belle présence dans le In grâce aux "Damnés" d’Ivo van Hove, à "Tristesses" d’Anne-Cécile Vandalem ou encore à "Axe" d’Agnès Limbos et de Thierry Hellin. Mais place à la programmation des Doms qui représente un budget de 660 000 euros sur l’enveloppe de 6 millions dont dispose Wallonie-Bruxelles International pour valoriser nos artistes.

Onze représentations par jour

En programmant 11 représentations chaque jour durant tout le festival, les Doms drainent, à eux seuls, 13 500 spectateurs auxquels il sied d’ajouter les 900 participants aux rencontres des jardins. De quoi contribuer largement aux missions de WBI. Et surtout, selon les vœux du nouveau directeur, "étonner, ébahir, méduser, surprendre par son engagement, son écriture, sa façon de détourner les esprits, par le corps et la voix". Le tout dans une volonté de franchir les limites à l’instar des quatorze spectacles sans frontières "car les frontières tuent", rappelle Alain Cofino Gomez.

Quatre des spectacles choisis seront le fruit du Corridor, la compagnie de Patrick Corillon, quatre récits-performances où s’invite, entre autres, le théâtre d’objets, des "Vies en soi" ou "60 minutes pour ne rien dire qui ne sont en rien muettes" comme l’écrivait Marie Baudet en nos colonnes.

Seront aussi de la fête teintée d’audace, la danse avec "Happy Hour" de Mauro Paccagnella et Alessandro Bernardeschi interrogeant le corps vieillissant, le cirque avec cet "Hom(m)" en cage qu’est Loïc Faure, un animal de jonglerie et d’acrobatie, le jeune public grâce au piquant "Mange tes ronces !" entré par la grande porte dans le théâtre pour petits et bien sûr le texte, les mots, les actes… Tels ce "Décris-ravage" d’Adeline Rosenstein, théâtre conférence sur la Palestine, prix de la critique de la meilleure découverte en 2014; "Nasha Moskva" du Colonel Astral, ce "notre Moscou" au cœur des "Trois sœurs" de Tchekhov, l’enfance en Wallonie industrielle sous la langue de Jean-Marie Piemme dans "J’habitais une petite maison sans grâce, j’aimais le boudin" ou Perec dans "Ils tentèrent de fuir" qui s’imposait en cette édition sans limites.


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