Bruges 2002: que la fête commence!

Bruges 2002: que la fête commence!
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Scènes

Ph.T.

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Les canaux s'étaient mis sur leur trente et un mercredi soir pour le coup d'envoi de cinq journées inaugurales: Bruges est, en 2002, ville européenne de la culture. Le choix de la date ne fait pas mystère: le 20/02/2002, incontournable palindrome arithmétique, complété par l'heure précise choisie pour l'envoi officiel: 20h02...

D'innombrables invités et un fort contingent médiatique se pressaient en fin d'après-midi sur le Burg, autour du Pavillon 2002 de l'architecte japonais Toyo Ito. L'affluence maximale était attendue, avec l'arrivée royale, à l'entrée du Concertgebouw, immense complexe contemporain érigé sur le Zand par les architectes Paul Robbrecht et Hilde Daem. Le bâtiment abrite plusieurs salles de concert dont la principale peut accueillir 1200 spectateurs et s'enorgueillir de posséder le plus grand plateau du pays.

PROJETS ARCHITECTURAUX

Le Concertgebouw brugeois comporte en outre une salle de musique de chambre conçue comme la cour intérieure d'un palazzo italien, entourée d'une galerie qui s'enroule en spirale autour de la scène, où peuvent prendre places trois cents mélomanes. On y trouve encore un studio de radio, une salle de répétition presque aussi grande que la scène (qui fait 18 mètres d'ouverture), des loges avec vue sur la ville, 400 mètres carrés de coulisses, etc.

La troisième réalisation architecturale marquant cette année culturelle est le lancement d'une passerelle sur la Coupure, un projet de Jürg Conzett qui boucle le chemin pour piétons et cyclistes qui fait le tour de la ville. Pour permettre le passage des bateaux, ce pont est mobile: il s'élève et s'abaisse grâce à un mécanisme mu par un moteur hydraulique.

Pour l'intendant de l'année culturelle, Hugo De Greef, le défi ne se résume évidemment pas à l'installation de signaux architectoniques dans la cité. `Entrer dans la ville. Entrer dans Bruges´, écrit-il en guise d'invitation conviviale en ouverture de son programme. `Nous sommes devenus des Brugeois´, ajoute encore avec enthousiasme ce Bruxellois qui présida aux destinées du Kaaitheater et fut même, un temps, dans l'équipe dirigeante de Bruxelles 2000.

CINQ JOURS DE FESTIVITÉS

C'est dès 1997 que Bruges, qui se proclame fièrement troisième ville de Flandre, avait déposé sa candidature au titre de capitale de la culture auprès des autorités européennes. Celles-ci donnèrent leur accord en 1998, date à laquelle l'informateur Bart Caron a commencé à établir le rapport préparatoire sur lequel Hugo De Greef allait pouvoir bâtir sa programmation.

L'intendant disposait d'un budget d'un milliard de BEF, hors construction du Concertgebouw (estimé à 1,65 milliard de BEF) et des diverses rénovations patrimoniales engagées. L'ambition des organisateurs est d'arriver à quelque 600.000 participants (fin décembre, 70.000 tickets étaient déjà vendus) : de quoi renforcer les trois millions de visiteurs qu'accueille la ville en moyenne chaque année. Le calendrier de Bruges 2002 s'étend du 20 février au 17 novembre et aligne quelque 160 événements répartis en une cinquantaine de lieux.

Les festivités prévues pour les cinq journées inaugurales reflètent la diversité et la qualité du programme qui sera décliné tout au long des mois à venir. Concerts de l'ensemble Anima Aeterna dirigé par Jos van Immerseel - accueillis en résidence au Concertgebouw, tout comme le quatuor Danel-, vernissage d'expositions de peintures et de photographies, départ de quatre nouvelles promenades thématiques, performances de DJ, représentations théâtrales, animations diverses marquées au sceau de la curiosité et de l'humour.

Le tout doit se conclure samedi soir par un `big bang´ qui prendra la forme d'un feu d'artifices dans la tradition Edo japonaise.

PASSÉ / PRÉSENT

Comme Bruges 2002 a la charge d'assurer la programmation du Concertgebouw pendant sa première année d'existence, la part proprement musicale du programme est prépondérante. Mais elle n'est pas la seule, bien entendu. Le passé hanséatique de Bruges sera évoqué à travers une grande exposition d'été, en contrepoint à une affiche où le contemporain se taille la part du lion. Pour Hugo De Greef, cette année 2002 se doit justement de permettre la confrontation entre passé et présent dans une ville qui entend dépasser sa vocation muséale.

Loin d'une célébration strictement flamande (on commémore cette année le 700e

anniversaire de la bataille des Eperons d'or), la ville s'est ouverte à une collaboration avec la Communauté française, laquelle a accordé 10 millions de BEF à Bruges 2002. Le programme accueille ainsi une exposition conçue par Laurent Busine, `Le vaste monde à livres ouverts´. La chorégraphie de la Communauté française sera représentée par Charleroi/Danses et Claudio Bernardo, tandis que l'écrivain Pierre Mertens viendra évoquer `le mythe de l'Europe´. Le concert final d'Ars Musica aura lieu à Bruges.

La Région bruxelloise a elle aussi conclu un accord avec Bruges 2002. Dans le cadre de `Bruxelles à Bruges´, le Musée du cinéma rénovera des anciens films se déroulant à Bruges, qui seront projetés dans un bateau voyageant de Bruges à Lissewege. La compagnie Rosas viendra fêter à Bruges son vingtième anniversaire.

Tous les ingrédients de la fête étant réunis, reste à l'événement à projeter son identité et sa dimension créatrice dans une ville déjà largement courtisée par les visiteurs étrangers. Mais visiter le passé n'est-ce pas toujours préparer l'avenir?

Bruges 2002, jusqu'au 17 novembre. Informations au 070.22.33.02 et sur le site www.brugge2002.be. Réservations par téléphone, sur le site ou au comptoir KBC, Huis ter Beurse, Vlamingstraat, 35.

© La Libre Belgique 2002

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