Les 5000 abonnés du Théâtre royal du Parc l’ont reçu en primeur : le fascicule de la prochaine saison sera bientôt diffusé plus largement. Chaque spectacle du Parc, détaille Thierry Debroux, touche environ 15 000 spectateurs, dont un tiers d’abonnés, donc. Sans à ce jour avoir communiqué clairement quant aux remboursements ou à l’appel au non-remboursement des billets déjà vendus, le directeur affirme mettre un maximum de mesures en place pour proposer au public des compensations, en misant avant tout sur le report des représentations annulées pour cause de confinement.

Quelques jours seulement après la première des Caprices de Marianne de Musset, dans la mise en scène d’Alain Leempoel, le Parc a dû ajourner les représentations suivantes. "Nous espérons pouvoir reproposer le spectacle en juin", avance Thierry Debroux.

Réduire, décaler, partager...

Du 23 au 23 mai devait suivre Une maison de poupée, d’Ibsen, sous la direction du Français Ladislas Chollat, avec Anouchka Vingtier en Nora. "Les répétitions ont été interrompues puisqu’il n’était pas possible de respecter les consignes de sécurité. La construction des décors, elle, peut se poursuivre, moyennant toutes les précautions nécessaires" , indique le directeur du Parc.

À circonstances exceptionnelles, souplesse particulière : "On est prêts à réduire le nombre de répétitions, à décaler les représentations, à partager juin entre les deux spectacles par exemple…" Tout ceci, purement hypothétique encore, dépendra de l’évolution et de la durée des mesures sanitaires édictées par le gouvernement.

Quant aux comédiens et techniciens, "tous les acteurs des Caprices seront payés jusqu’au bout des dates prévues. Et on veille à maintenir le salaire des techniciens. Si les mesures de confinement perdurent au-delà du 5 avril, on peut faire appel à l’Onem, qui rétribue à hauteur de 70 % du revenu perdu ; dans ce cas le théâtre compléterait en versant les 30 % restants, sachant que cette part serait alors exonérée de charges sociales. Un moindre coût pour le théâtre et un revenu assuré pour les travailleurs".

En parallèle, "pour permettre l’accès à un public le plus large possible", le Parc envisage la mise en ligne de captations, comme celle des Caprices de Marianne.

Tax shelter

Tout comme nombre d’autres institutions, le Théâtre du Parc recourt au tax shelter, système permettant aux entreprises d’investir dans la culture (cinéma et théâtre, essentiellement) et de bénéficier de réductions fiscales.

Les annulations en série, dans le contexte actuel, compliquent la gestion de cette manne pour les organisateurs. Dans Les Caprices de Marianne, ici, "comme les représentations avaient commencé, le tax shelter reste d’application, ce qui nous permet d’assurer les salaires jusqu’à la fin de la série prévue". Et pour le spectacle suivant ? "Les dépenses doivent avoir lieu dans les deux ans. On peut espérer que Maison de poupée sera joué dans ce délai", estime Thierry Debroux.

Le recours au tax shelter – "systématique en cas de création" dans le cas du Parc – "n’est justifié pour nous que si cela profite aux artistes". Le montant obtenu (jusqu’à 60 000 ou 70 000 euros, indique le directeur) "nous permet par exemple d’engager plus d’acteurs" – souvent nombreux, en effet, dans les distributions du Parc. "C’est cependant, concède Thierry Debroux, un système qui profite aux théâtres importants plutôt qu’aux jeunes compagnies."

  • Théâtre royal du Parc, 3 rue de la Loi, 1000 Bruxelles. Infos : 02.505.30.30 – www.theatreduparc.be