Opéra rock émouvant, Bye Bye Bongo mêle le réel et l’imaginaire autour du deuil et des premières amours.

Cette année, les adolescents sont gâtés, aux Rencontres théâtre jeune public, avec une kyrielle de propositions, souvent denses, toniques et fragmentées, à l’image de leur vie à 100 000 volts.

Dans la foulée de Robin & Marion, de la Cie Darouri Express qui raconte une vision très charnelle des amours et pulsions adolescentes, avec des figures féminines entreprenantes mais finalement chosifiées, un point de vue qui interpelle et pose question dans une mise en scène distanciée sous forme de conte; dans la lignée aussi de Jimmy n’est plus là, de l’asbl Trou de ver, qui met en exergue la cruauté de la jeunesse et les dérives des réseaux sociaux, ou encore dans celle de ADN de la Cie Lemon Cactus, qui met en scène le cynisme d’une certaine jeunesse, voici Bye Bye Bongo de la Cie Domya, nouvelle venue aux Rencontres théâtre jeune public.


Opéra rock porté par les musiques de Maxime Van Eerdewegh, et par une fameuse bande de musiciens, le spectacle de Martin Goossens, auteur et metteur en scène, alterne, lui, entre tendresse et cruauté, imaginaire et réalisme, avec ce fameux instant T où la vie de Bongo va complètement basculer.

Maltraité à l’école par Matéo, abandonné par un père qui part trop souvent travailler en Chine, il se réfugie dans les rêves. Puis rencontre Sandra, qui sera, selon lui, la femme de sa vie, la mère de ses enfants, et tout le toutim. Mais il apprend, le même jour, la mort accidentelle de son père. Dans le déni, Benoît alias Bongo alias Bruno Borsu, très crédible dans son rôle d’ado, s’invente une vie saturnienne, imagine une rencontre interstellaire et se dote de superpouvoirs pour perpétuer la mission de son père qui consistait à rendre les gens heureux. Bien balancé entre les textes et les musiques maîtrisées, du rock au slam en passant par la ballade ou le trip-hop, un spectacle, parfois confus, mais intéressant et touchant par son approche du deuil.