La chorégraphe québécoise est de retour à Bruxelles, avec "L’Affadissement du merveilleux" aux Brigittines.

Pour son édition 2019, ouverte le 16 août et courant jusqu’au 31, le Festival international des Brigittines nous voit, nous veut "Libres comme demain nous l’apprendra".

Ses propositions jusqu’ici témoignent de l’exigence artistique et de l’esprit d’aventure qui accompagnent ce précieux et foisonnant rendez-vous de fin d’été - ou de pré-rentrée.

Il y a trois ans, le festival présentait Au sein des plus raides vertus de Catherine Gaudet. La chorégraphe québécoise est de retour avec la première belge de sa récente pièce L’Affadissement du merveilleux - programmée à l’orée de l’été au Festival TransAmériques, à Montréal, où nous l’avions découverte.

Chœur en quintet

À nouveau torse nu, ici en quintet, les danseurs (Dany Desjardins, Francis Ducharme, Caroline Gravel, Leïla Mailly, James Phillips), en un cycle apparemment sans fin ni début, déploient un rituel de mouvement perpétuel. Leurs visages neutres et leurs yeux clos, face au public, composent, plutôt qu’un écran, une invitation sans affect : nous voici conviés à lâcher prise, à laisser nos consciences librement embarquer pour ce voyage encore mystérieux, cet espace-temps dépouillé des frontières, cette oscillation quasiment osmotique qui les unit au début.

Avec son titre tendu entre deux pôles, L’Affadissement du merveilleux marque la distance prise intentionnellement par la chorégraphe avec la théâtralité de son univers. Distance mais non renoncement. Catherine Gaudet déplie à dessein la complexité de la relation humaine, la met à plat, pour mieux l’observer dans ses dérives, ses désirs, ses déchirements.

Conjurer la fatalité du cycle

Si son évolution la fait pencher vers l’organique, si jamais elle ne gomme la présence de la chair, la pièce cependant tient aussi de l’étude, à la manière d’un carnet de croquis où seraient scrutés, analysés anatomies et mouvements.

Fascinée par les évolutions kaléidoscopiques, mais aussi artiste de l’épure, Catherine Gaudet fait de ses interprètes les vecteurs d’une transformation permanente. Le chœur ainsi formé et déformé peut témoigner de la fatalité du cycle, tout en s’offrant à la conjurer.


  • Bruxelles, Brigittines, les 30 et 31 août à 20h30. Spectacle précédé à 19 h par "Transfiguration" d’Olivier de Sagazan, et suivi le samedi 31 du party de clôture du Festival international des Brigittines. Infos & rés. : 02.213.86.10 - www.brigittines.be