Il y a près d’un an, en décembre 2018, La Libre titrait : Edmond, la pièce qui fait aimer le théâtre”. Le spectacle signé Alexis Michalik en était alors à sa 668e représentation au Théâtre du Palais Royal à Paris ! Depuis jeudi, cet immense succès (devenu un triomphe en France) est désormais sur le plateau du Théâtre Le Public, mis en scène par Michel Kacenelenbogen et joué par une troupe 100 % belge. Et le moins que l’on puisse écrire, c’est que, définitivement, Edmond fait aimer le théâtre. Que l’on soit novice ou passionné, chacun trouve la ou les clé(s) pour y entrer sans crainte ni a priori, et plus particulièrement découvrir les dessous de la création d’une pièce : Cyrano de Bergerac.

Non biographique, Edmond retrace de façon romancée comment Edmond Rostand (1868-1918), alors jeune poète moqué pour ses pièces en vers, a imaginé le héros et la trame d’un des plus grands chefs-d’œuvre du théâtre français.

Une brochette d’acteurs brillants

Sans être un copier-coller de l’original français, la version réinventée conserve toute la marque de fabrique d’Alexis Michalik. À savoir : du rythme, du rythme et encore du rythme, avec un foisonnement de personnages – ils sont 12 comédiens à interpréter près de 30 rôles ! –, de lieux, de costumes et de décors. Ici, on installe un lit, là on déplace une chaise, là encore on dispose un comptoir pendant qu’on remballe un tapis, ouvre ou ferme une porte… Les scènes, à la mécanique parfaitement huilée, s’enchaînent, sans répit, servies par une brochette d’acteurs brillants. Tristan Schotte se glisse avec justesse dans le costume d’un Edmond Rostand en proie au doute sur son talent, amoureux de sa femme Rosemonde (Inès Dubuisson) mais épris de sa muse platonique, la belle Jeanne (Elsa Tarlton). Itsik Elbaz campe magnifiquement un Constant Coquelin survolté et bourré d’auto-dérision tandis qu’Antoine Guillaume se faufile avec brio d’un personnage à l’autre (Georges Feydeau, Méliès, Ravel,…) et que Réal Siellez et François-Michel van der Rest forment le truculent duo des frères corses Ange et Marcel Floury.

Au texte efficace teinté d’une bonne dose d’humour et de quelques subtilités contemporaines (racisme, égalité hommes-femmes,…) de Michalik s’imbriquent, les vers, magnifiques, de Cyrano de Bergerac. Une pièce dans la pièce. Tout en panache.

Bruxelles, Le Public, jusqu’au 16 novembre. Infos et rés. : 0800.944.44 – www.theatrelepublic.be