Scènes

Une révélation. “Je me rappelle encore la seconde où c’est arrivé. Certains vont à l’église et ils ont la révélation qu’ils veulent vouer leur vie à Dieu ; moi, ça m’a fait pareil, mais sur scène”, sourit Élodie Poux. En tournée pour promouvoir son stand-up auprès de la presse belge, l’humoriste française a enfilé un pull floqué d’un “Bruxelles” en cursive. “C’est mon pays par alliance, précise-t-elle. Je me suis mariée à un Belge l’été dernier”. Après plusieurs dates en France cet été, elle sera chez nous à l’automne avec Le syndrome du Playmobil. Mais pourquoi ce titre  ? “La principale qualité de ce petit bonhomme, c’est qu’il sourit et garde le sourire face à toutes les circonstances de la vie, explique-t-elle. C’est ça le syndrome du Playmobil   : essayer de tirer le positif”. Un syndrome dont Élodie Poux est largement atteinte… “J’essaie de me dire que rien n’est vraiment grave dans la vie, tant que la santé va et qu’on a des gens qui nous aiment autour de nous. Donc, arrêtons de nous plaindre et kiffons la vie  !”

Cette petite figurine fait également référence au passé d’Élodie Poux qui, avant de devenir humoriste, a été animatrice périscolaire (ou accueillante). Mais “je suis aussi collectionneuse de Playmo depuis ma plus tendre enfance. Nous sommes cinq frères et sœurs et nous en avons tous été archi fan.” Née en 1982 dans l’Essonne, elle est la deuxième de la fratrie, “la baby-sitter  gratuite disponible à n’importe quelle heure”, s’esclaffe-t-elle.

Les Inconnus et Rire et chansons

Dans le salon familial, la VHS des Inconnus “tourne H24 dans le magnétoscope”. “C’était Rire et chansons tout le temps, se souvient-elle, à la maison, dans la voiture pour aller en vacances, etc. Mes parents avaient un grand sens de l’humour. Et avec mes frangins, on sortait la caméra et on faisait des sketchs”. Pourtant, la jeune fille s’oriente vers une formation d’animatrice périscolaire, habituée depuis ses 13-14 ans à “toujours avoir un tout-petit dans les pattes”.

En 2009, elle s’inscrit à un atelier d’art du conte et d’expression corporelle. Et c’est le déclic  : sa place est sur scène. Elle apprend les ficelles du théâtre  : écrire des histoires, les raconter, parler moins vite,... – “aujourd’hui, déjà, mon débit est rapide ; votre dictaphone va prendre feu…”. “La meilleure façon d’apprendre ce métier, c’est de le faire.” Elle se lance donc dans toutes les scènes ouvertes “possibles et imaginables”  : bars, salles de spectacles, PMU, hôpitaux,… “Je commence aussi à participer à des concours et des tremplins jeunes talents.”

“On est des bouffons du roi”

Et l’humour sauce Élodie Poux prend rapidement. Son credo  ? Raconter des histoires en lien avec les enfants – qu’on en ait ou pas, qu’on en veuille ou pas – et les parents, “ source inépuisable d’inspiration”. Sa recette du succès  ? “Il faut sans cesse se remettre en question ; revenir sur le texte du spectacle pour l’améliorer. Et puis faire marrer  : moi, c’est une vanne puis une vanne puis une vanne… Il ne faut pas laisser aux gens le temps de se reposer.” Si la jeune femme se distancie de l’humour à connotation sexuelle, religieuse ou politique, elle n’en adopte pas moins un ton libre et corrosif. “On décrit souvent mon humour comme libérateur, commente-t-elle. On est des bouffons du roi  : quand on fait une vanne hardcore sur un truc hyper dérangeant qui s’est passé la veille et que ça fait mal, et bien c’est parce qu’on a des choses à dire sur ce sujet et qu’on a compris que si on n’en rit pas, on ne peut pas avancer, faire le deuil”.

Véritable touche-à-tout, Élodie Poux est également chroniqueuse et comédienne. “J’aimerais bien aussi expérimenter le tournage d’un film”. Mais elle tient à garder la tête sur les épaules  : “Il faut vivre ce métier et la notoriété qui va avec pour ce que c’est. Je fais des vannes, ça fait rire les gens, tant mieux. Ça peut s’arrêter bientôt aussi. Donc, je kiffe ce qui m’arrive sans trop me poser de questions”.

En tournée en Belgique du 4 au 25 octobre. Infos et rés. sur www.corniaudandco.com