Aux Riches-Claires, Julie Dacquin mène un quatuor cartoonesque dans un condensé formel de la vie de bureau.

Ils sont quatre, dans un espace modulable avec ses blocs d’un beige « bureau ». On découvre peu à peu le rôle de chacun. Chloé (Julie Dacquin), chemisier fluide au col net et coupe au carré, a les accents coupants de celle qui encadre, ordonne, guide.

Le visage mangé par une barbe plus sel que poivre, Rick (Bernard Sens) semble faire partie des meubles. Sa fonction cependant est précise et précieuse puisqu’il contrôle et analyse les résultats de l’enquête menée ici afin de mettre au point le « Happy Professional Life Package ». Car en effet : « Qui n’a jamais rêvé de s’offrir le bonheur au boulot ?»

Thomas (Thibault Packeu), jeune employé et accessoirement neveu du patron, s’engage dans le processus avec une conviction toute relative. Enfin Babette (Laurence Warin), dépêchée avec toute sa pensée positive du service des DRH pour observer les interactions, s’y insinue et s’y dévoile elle aussi.

Quatre figures, typées, grâce auxquelles Julie Dacquin entend sonder et exposer les mécanismes des relations professionnelles. 

© Bartolomeo La Punzina

Sens de l'espace et du rythme

Laissant aux spectateurs le soin d’accrocher à cette partition leurs propres références, d’y projeter leur propre expérience dans les schémas offerts à leur identification, la jeune autrice et metteuse en scène d'Escape Room questionne le monde du travail – dans une époque où règnent burn-out et bore-out, les faces d’une même médaille ternie – en se concentrant sur la forme.

Le résultat, s’il peut sembler manquer de substance, révèle sinon un ton, du moins un sens de l’espace et du rythme, avec un jeu sur la parole muette, sur le translucide et le reflet, avec le ballet des dossiers, des papiers, la chorégraphie du ralenti et de l’accéléré, du pas décidé et de l’évitement, du stress et de l’épuisement. Alors que chacun, de manière chronique, presque cartoonesque (l’« œil extérieur » d’Othmane Moumen se ressent bien ici), cherche la sortie – comme un running gag nourri d’évidence sur ce plateau peu profond dont Alissa Maestracci (scénographie) et Jérôme Dejean (lumières) tirent un joli parti.


  • Bruxelles, les Riches-Claires (salle Jacques Viala), jusqu’au 27 septembre, mercredi à 19h, jeudi et vendredi à 20h30 – 02.548.25.80 – www.lesrichesclaires.be