"Un événement historique dure longtemps, et sa vie est mouvementée." Ces mots sans le résumer décrivent le chemin emprunté par Adeline Rosenstein pour ce "projset théâtral documentaire sur la question de la Palestine". Les épisodes 1 à 4 avaient valu à " Décris-ravage " le Prix de la meilleure découverte . Nés cette semaine, les épisodes 5 et 6, toujours mouvants, avancent à la fois dans la chronologie et dans la complexité, et gagneront en maturité comme les précédents.

Avec Olindo Bolzan, Léa Drouet, Isabelle Nouzha, Thibaut Wenger et Adeline Rosenstein elle-même, cette forme singulière intégrant témoignages (d’artistes occidentaux ayant vécu en Israël ou en Palestine) et citations (d’extraits de pièces d’auteurs arabes) articule les points de vue tout en récusant les images figées au fil du temps par la peinture puis la photographie (car "la représentation travaille son objet" ), en évitant soigneusement sarcasme et provocation.

Pour autant, rien n’est lisse dans "Décris-ravage", qui questionne la mécanique historique et sémantique avec pertinence, perspective et une grande intelligence dramaturgique truffée d’humour autant que de noirceur. Jusqu’à l’épisode 6 ou épilogue, qui regarde en miroir l’ensemble du parcours. "Si la rêverie est l’organe de l’apprentissage, l’ombre portée de cette rêverie sur le plan de ma vie est ce que l’on nomme un projet."

Bruxelles, Balsamine (studio), jusqu’au 23 avril, vendredi à 19h30, samedi à 16h. Durée totale : 4h env. entracte compris. Samedi à 20h, rencontre after-show avec De-colonizer. Infos &rés. : 02.735.64.68, www.balsamine.be

Aussi au Théâtre des Doms, dans le cadre du festival d’Avignon Off : www.lesdoms.eu