Scènes

Dans l’interview qu’elle avait accordée à La Libre en mai dernier pour présenter son premier stand-up, Délicate, Florence Mendez avait confié exécrer la connerie humaine. Et le moins que l’on puisse écrire, c’est qu’elle fait clairement passer le message dans son spectacle…

Vendredi soir, la jeune humoriste de 32 ans était sur la scène du Kings of Comedy Club. Elle revenait tout droit du Festival d’Avignon, invitée la veille à livrer une prestation unique devant, notamment, des producteurs français. Lesquels ont été séduits et lui ont proposé de jouer Délicate à Paris à la rentrée.

Une heureuse nouvelle que Florence Mendez partage d’emblée avec son public. “Il y a des Français dans la salle ?”, interroge-t-elle. Quelques spectateurs enthousiastes lèvent le bras. “Faut pas le crier, Monsieur”, rétorque-t-elle. Éclat de rire général. Le ton est donné : on va (sou)rire en grinçant des dents.

Confidences

Pour son premier spectacle, la protégée de l’humoriste belgo-canadien Dan Gagnon joue la carte de la confidence sur son parcours personnel. À l’origine professeur de néerlandais et d’anglais en 1e, 2e et 3e secondaires, elle a eu des élèves “de 12 à 22 ans”… Et si elle a quitté son métier de prof pour embrasser la carrière d’humoriste, Florence Mendez reconnaît bien volontiers qu’il y a “plein de points positifs” : “c’est là où j’ai rencontré mon mec, dans ma classe”

Que ce soit à propos de la drague ou du harcèlement de rue, en passant par la maternité ou les fancy-fairs, elle adopte – à l’instar d’autres humoristes telles que Florence Foresti, Alexandra Pizzagali, Laurie Peret, Élodie Poux ou Elisabeth Buffet – un ton volontairement corrosif et dérangeant. Avec effet déculpabilisant garanti. Et ça fait du bien ! “Cette année, le spectacle de mon fils était vraiment génial… D’après ce qu’on m’a dit.” Être mère, c’est aussi avoir (eu) un/des homme(s) dans sa vie. Florence Mendez s’en donne à cœur joie sur ses ex, même si elle ne va pas “raconter toute sa vie amoureuse ; ce serait humiliant pour vous”.

En constante interaction avec son public, elle a un savoureux sens de la répartie. Ce soir-là, les spectateurs en redemandent et le jeu de ping-pong est drôlement piquant. Elle enchaîne les combats qui la mobilisent : le sexisme, le racisme, l’homophobie et “la glorification de la connerie”, traduisant la bêtise et la méchanceté humaine, qu’elle déconstruit à coups d’anecdotes relevant l’absurdité de certains propos et situations. Avant de conclure en interpellant : “Franchement, on ne va pas laisser un monde comme ça à nos gosses ! ?”

En tournée les 9 et 23/8 au Kings of Comedy Club (Ixelles), le 5/10 au Caliclub, le 26/10 à Liège et le 11/12 à Charleroi.