La Biennale de Venise a révélé ses plus hautes récompenses en matière de danse.

Consacrée pour l’ensemble de sa carrière, Germaine Acogny, connue à travers le monde comme la "mère de la danse contemporaine africaine", reçoit le Lion d'or. Franco-Sénégalaise, née au Bénin en 1944, celle qui fut la seule danseuse noire de Maurice Béjart aux Ballets du XXe Siècle dirigea de 1977 à 1982 Mudra Afrique, école fondée par le chorégraphe français alors basé à Bruxelles et le poète et président sénégalais Léopold Sédar Senghor.

Récemment placée sous la codirection artistique d'Alesandra Seutin, l'École des Sables, non seulement centre de formation mais également compagnie, que Germaine Acogny fonda en 1998 avec son mari Helmut Vogt, continue de questionner et de faire rayonner la danse sur le continent africain.

“Son influence créative et l'encadrement qu'elle prodigue à l'innombrables artistes chorégraphique d'Afrique et d'ailleurs constituent un héritage que nous devons saluer et célébrer, tandis qu'elle continue d'être un guide et une inspiratrice visionnaire", écrit à propos de Germaine Acogny le chorégraphe Wayne McGregor, directeur du département danse de la Biennale de Venise.

Oona Doherty
Oona Doherty, née en 1986, directrice artistique de la Cie O.D. Works Ltd. © Ryan

Le Lion d'argent, qui a pour vertu de soutenir le travail de talents prometteurs, revient cette année à Oona Doherty. Basée à Belfast, la danseuse et chorégraphe irlandaise de 34 ans voit ainsi mise en lumière sa danse échappant aux conventions et connectée aux vibrations de son époque: genre, religions, identité, territoires. Abrasif et sans concession, inspiré du monde de la nuit et de la danse "informelle, son art s'est affiné par essais et erreurs, note Wayne McGregor, soulignant son approche "non orthodoxe, créative, crue et téméraire".

Le travail d'Oona Doherty se caractérise encore par la manière dont il réussit à toucher aussi un public habituellement peu enclin à se rendre au théâtre.

La 15e édition du Festival international de danse contemporaine de la Biennale de Venise, prévue du 23 juillet au 1er août, présentera en première italienne le dernier solo en date de Germaine Acogny, Somewhere at the beginning, un voyage sensible entrelaçant son histoire personnelle et les événements collectifs. Oona Doherty quant à elle donnera sa déjà célèbre deuxième pièce Hard to Be Soft – A Belfast Prayer, encore inédite en Italie.