Entre cynisme et utopie, Thomas Coumans en presque conférence.

Tournaisien d’origine, formé à l’Insas, acteur multiple (théâtre, cinéma, télévision), Thomas Coumans a trouvé en la Maison de la culture de Tournai un partenaire de choix pour faire éclore son premier spectacle en tant qu’auteur.

Récemment reconnue dans son déjà long parcours dans la coproduction notamment, la Maison de la culture a conquis le statut de Centre scénique. Les artistes qui habitent cette maison de création "ont un air de famille, note Anaëlle Kins, directrice artistique, ils placent la rencontre au centre de leur art".

Parmi les artistes accompagnés en 2019, épinglons Émilie Maréchal et Camille Meynard (coauteurs du récent Pattern), Sophie Linsmaux et Aurélio Mergola (Cie Still Life, avec No One) ou encore Céline Delbecq (autrice et metteuse en scène de Cinglée).

Et Thomas Coumans, donc, qui créait mercredi, devant un public nourri, J’aurais voulu mourir naïf


Expérience collective

Vêtu de blanc, planté sur le plateau devant une ample toile qui sera rideau, accessoire, écran de projection, il joue l’introspection – "Parfois je rêve que je ne suis personne. Sans nom, sans forme, sans costume social" – avant d’endosser le rôle de gourou. Invectivant les spectateurs, le voici lancé dans une expérience : serait-on capable, à force d’intention collective et d’énergie concentrée, de transformer la matière, voire de faire advenir ce qui à première vue semble pure utopie ?

Après la profusion de métaphores oniriques qui marque les premiers moments du spectacle, c’est bientôt à une espèce de conférence que s’adonne Thomas Coumans. Avec bagout, expressivité et un sens certain de la formule, il expose sa question principale ("Comment faire pour apprivoiser le vertige intime d’un monde qui échappe à toute sérénité ?") qu’il développe à travers une série de thématiques : la naïveté, la culpabilité, l’égoïsme, l’amour, le cynisme, l’indifférence…

J’aurais voulu mourir naïf a le défaut des premières fois, où l’on résiste mal à l’envie de tout mettre, tout dire, tout explorer. Mais aussi pour qualité d’absorber les nuances - qui passent entre autres par un univers visuel à la fois simple et puissant. Revendiquant l’hybridité du projet (jeu, mouvement, vidéo, installation…), Thomas Coumans s’est entouré de regards et de talents qui l’imprègnent de leur bienveillance et de leur expérience.

Si l’élagage reste nécessaire, l’objet est lancé, avec générosité.

  • "J’aurais voulu mourir naïf" en tournée : au Palace, Maison culturelle d’Ath le 8 novembre, au centre culturel de Huy le 13. Infos : www.maisonculturetournai.com